La BCE se dit prête à contrer une inflation nourrie par la hausse des prix de l’énergie
Alors que l’inflation annuelle a atteint 3,1% en décembre dans la zone euro et que les prix de l’énergie battent de nouveaux records, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a déclaré que la BCE « se tenait prête à contrer les risques à la hausse pesant sur la stabilité des prix ».
Alors que l’inflation annuelle a atteint 3,1% en décembre dans la zone euro et que les prix de l’énergie battent de nouveaux records, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a déclaré que la BCE « se tenait prête à contrer les risques à la hausse pesant sur la stabilité des prix ».
Contexte :
Le prix du baril de pétrole brut a atteint le pic record de 100 dollars les 2 et 3 janvier derniers, avant de redescendre en dessous de 98 dollars. Ce niveau historique du prix du pétrole ne va pas tarder à se faire sentir sur les factures des consommateurs européens. Le prix du carburant et du fioul domestique devrait de plus encore augmenter de quelques centimes mi-janvier, a annoncé l’Union française des industries pétrolières (UFIP).
Gaz de France a également obtenu du gouvernement français une augmentation de 4% de ses tarifs régulés de fourniture de gaz à partir du 1er janvier 2008. Cette hausse est néanmoins limitée par rapport à celle annoncée le 5 janvier par le quatrième plus grand fournisseur britannique d’énergie, Npower : + 12,7 % pour l’électricité et + 17,2 % pour le gaz.
Enjeux :
Le gouvernement a les mains liées
Alors que le gouvernement a placé la lutte pour le pouvoir d’achat au sommet de ses priorités, cette reprise de l’inflation le place dans une situation délicate. L’augmentation de 4% des prix du gaz mécontente ainsi à la fois GDF, qui en réclamait davantage, et les associations de consommateurs, qui la trouvent socialement indéfendable et économiquement injustifiée.
Dans un contexte de déséquilibre des comptes publics et d’engagement pour la réduction des émissions de CO2, l’allègement fiscal n’est pas non plus envisageable. La ministre de l’économie, Christine Lagarde, a refusé de se prononcer pour une modification du niveau des taxes sur les carburants, renvoyant le débat à la révision générale des prélèvements obligatoires, prévue en mars.
La ministre a même indiqué que le monde allait « devoir s’habituer » à l’énergie chère. De nombreux experts prévoient en effet une augmentation continue des prix, qui aura un impact sur le coût du logement, du transport et de l’alimentation.
La marge de manœuvre limitée de la BCE
La hausse des prix de l’énergie, à côté de celle des produits alimentaires, est la raison principale du renforcement de l’inflation. Selon les estimations d’Eurostat publiées le 4 janvier dans la zone euro, le taux d’inflation annuel a dépassé la barre des 3% en décembre 2007, pour le deuxième mois consécutif, ce qui le place bien au dessus de l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE).
Devant des responsables de la CDU, le parti de la chancelière allemande Angela Merkel, le 5 janvier, Jean-Claude Trichet a déclaré que « l’inflation devrait rester nettement au-dessus de 2 % dans un futur proche ». Assurant que la BCE « se tenait prête à contrer les risques à la hausse pesant sur la stabilité des prix », il s’est également montré très vigilant contre les risques « d’effets de second tour », c’est-à-dire de contagion généralisée de l’inflation par le biais de hausses de salaire exigées par les syndicats.
Malgré cette fermeté affichée, le Conseil des gouverneurs de la BCE ne devrait pas augmenter son principal taux directeur, fixé aujourd’hui à 4%, lors de sa réunion mensuelle du 10 janvier. Les banquiers centraux européens sont en effet également confrontés à des prévisions de croissance anémiques et à un niveau record de l’euro, qui pénalise les exportations européennes. Appelant une décision monétaire opposée, ces deux phénomènes expliquent le probable maintien du statu quo et illustrent l’absence de marge de manœuvre de la BCE.