La Bulgarie abandonne son projet d’entrer prématurément dans la zone euro
Le gouvernement bulgare de centre-droit a abandonné son projet de rejoindre le nouveau mécanisme de change du bloc (MTC II). Le pays a enregistré un déficit plus élevé que prévu en 2009 en raison d’accords de passation de marché non justifiés, signés par l’ancien gouvernement socialiste. Un reportage de Dnevnik, le partenaire d’EURACTIV en Bulgarie.
Le gouvernement bulgare de centre-droit a abandonné son projet de rejoindre le nouveau mécanisme de change du bloc (MTC II). Le pays a enregistré un déficit plus élevé que prévu en 2009 en raison d’accords de passation de marché non justifiés, signés par l’ancien gouvernement socialiste. Un reportage de Dnevnik, le partenaire d’EURACTIV en Bulgarie.
La Bulgarie ne fera pas partie du nouveau mécanisme de taux de change (MTC II), considéré comme la « salle d’attente de la zone euro », a annoncé le ministre des Finances Simeon Djankov, vendredi 9 avril lors d’une conférence de presse.
« Nous avons abandonné notre candidature pour entrer dans la zone euro car, pour le moment, nous ne remplissons pas les critères et il aurait été impertinent de se porter candidat », a déclaré le premier ministre Boyko Borissov.
La Bulgarie avait prévu de rejoindre MTC II en 2010 et de rentrer dans la zone euro en 2013.
Dans le cadre des efforts pour atteindre les objectifs de MTC II, le gouvernement de centre-droit a même retardé le remboursement de la TVA pour les entreprises afin d’essayer de conserver un déficit budgétaire peu élevé.
Toutefois, le ministre des Finances a expliqué que le déficit budgétaire dissimulé de la Bulgarie avait fait s’effondrer son rêve de rejoindre la zone euro. Le déficit provient d’accords de passation de marché non enregistrés dans le budget, conclus par l’ancien gouvernement socialiste dirigé par Sergey Stanishev.
Le ministre a affirmé que ces accords avaient fait grimper le déficit à 3,7 % du PIB comparé aux estimations antérieures de 1,9 %.
« Avec l’Estonie, nous sommes considérés comme les favoris, mais j’aurai honte à Madrid [lors de la réunion informelle des ministres des finances du 16 au 18 avril], lorsque je dirai à mes collègues ce qui s’est passé », a dit M. Djankov, d’un ton agacé.
« Nous avons en réalité menti à nos collègues sur le fait que nous étions prêts pour la zone euro, n’étant pas au courant de ce piège », a poursuivi M. Djankov.
« L’Europe n’opère pas de distinction entre les gouvernements actuels et les anciens gouvernements. Je représente la Bulgarie, et aujourd’hui c’est honteux », a-t-il ajouté.
Néanmoins, le ministre a rapidement mis en avant que la stabilité financière du pays n’était pas en danger. Le FMI a conservé une caisse d’émission pour la Bulgarie depuis 1997.
« Cette année, il n’y a aucun danger pour la stabilité fiscale, la caisse d’émission ou le système bancaire, grâce à notre politique fiscale rigoureuse », a affirmé M. Djankov.