La Chine doit acheter davantage à l’UE pour éviter une guerre commerciale, prévient Bruxelles

Les déclarations de Maroš Šefčovič interviennent alors qu'une visite décisive à Pékin est prévue début octobre

EURACTIV.com
EU Trade Commissioner efovi
Maros Sefcovic, EU trade commissioner. [Malin Wunderlich/picture alliance via Getty Images]

La Commission européenne va déclencher une vague de mesures de défense commerciale à moins que la Chine n’importe davantage de produits en provenance de l’UE, a déclaré le responsable du commerce de l’Union, dans un contexte de tensions croissantes entre Bruxelles et Pékin.

Maroš Šefčovič, commissaire européen au commerce, a déclaré mardi que le déficit commercial de l’UE vis-à-vis de la Chine est désormais si important que le simple fait de limiter les importations en provenance de Pékin ne suffit pas à « rééquilibrer » les échanges commerciaux de l’Union avec la deuxième économie mondiale.

Le déficit commercial de l’UE vis-à-vis de la Chine a bondi à 359,8 milliards d’euros en 2025, contre 304,5 milliards d’euros en 2024, selon Eurostat, les exportations ayant reculé de 6,5 % et les importations ayant augmenté de 6,4 %. Le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine a également augmenté de 2,9 milliards d’euros entre le premier et le deuxième trimestre de cette année.

« Si l’on examine le déficit et sa dynamique, nous ne pensons pas que la solution réside uniquement dans l’augmentation des exportations de l’UE vers la Chine, car l’écart est tout simplement trop grand », a déclaré Šefčovič lors d’un événement à Berlin.

« Nous devons également nous attaquer au déficit européen vis-à-vis de la Chine en agissant sur les deux fronts », a-t-il souligné, ajoutant qu’il a fait part de ce constat à son homologue chinois, Wang Wentao.

Ces remarques interviennent avant que Šefčovič ne se rende à Pékin début octobre pour une réunion décisive avec Wentao. Bruxelles a exigé des « résultats tangibles » concernant l’excédent commercial de la Chine, les contrôles à l’exportation des minerais stratégiques et les restrictions sur le marché intérieur avant cette visite.

Šefčovič a également déclaré mardi qu’un objectif clé de cette visite est de mettre en place « quelques projets pilotes » pour certains groupes de produits, afin de démontrer que l’«intensité sans précédent» des contacts actuels entre Bruxelles et Pékin donne des résultats concrets.

Interrogé sur ce que ferait la Commission européenne, qui supervise la politique commerciale de l’UE, si la visite d’octobre se soldait par un échec, Šefčovič a répondu que Bruxelles chercherait à rendre ses plus de 200 instruments de défense commerciale « plus faciles [et] plus rapides » à déployer.

Il a également indiqué que l’exécutif européen se montrerait moins « timide » dans le recours aux mesures de sauvegarde, utilisées pour protéger le bloc contre une hausse soudaine des importations, et qu’il continuerait à développer un « instrument dédié » visant à contraindre les entreprises européennes à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement en s’éloignant de Pékin.

Mais Šefčovič a également averti que l’UE doit faire preuve de la volonté politique nécessaire pour mettre en œuvre ces instruments – un problème récurrent dans les relations entre Bruxelles et Pékin.

« On peut disposer des meilleurs outils possibles, mais ce qui est finalement absolument essentiel, c’est de parvenir à un consensus européen autour de ceux-ci », a-t-il déclaré.

(bw)