La Commission ouvre une enquête sur Shein après le scandale des poupées sexuelles « ressemblant à des enfants »

La Commission enquêtera sur Shein en raison de préoccupations concernant des produits illégaux, des fonctionnalités addictives et la transparence des recommandations dans le cadre de la loi sur les services numériques.

EURACTIV.com
Opening Of The First Shein Store In France At BHV-Marais, Paris
Un gros plan d'une image promotionnelle montre le logo BHV, le logo SHEIN et un texte annonçant l'ouverture prochaine du BHV Marais. Le géant chinois de la vente en ligne ouvre son premier magasin permanent au sein du grand magasin BHV le 5 novembre. À Paris, en France, le 3 novembre 2025. [Samuel Boivin/NurPhoto via Getty Images]

La Commission a ouvert mardi une enquête sur le site web de mode ultra-rapide et la place de marché en ligne Shein en vertu de la loi sur les services numériques (DSA) de l’Union européenne.

L’enquête portera sur des violations présumées de la DSA liées à la vente de produits illégaux sur la plateforme, notamment des poupées « sexuelles ressemblant à des enfants », qui ont été signalées l’année dernière par les régulateurs français. L’UE examinera les systèmes mis en place par Shein pour lutter contre la vente de produits illégaux, notamment ceux qui, selon elle, pourraient constituer du matériel pédopornographique (CSAM).

La Commission enquêtera également sur les préoccupations liées aux caractéristiques de conception addictives et à la transparence des systèmes de recommandation algorithmiques de Shein, qui sont tous deux réglementés par la DSA.

En novembre, la France et les législateurs européens du Parlement européen ont tiré la sonnette d’alarme concernant la vente de produits illégaux sur Shein, notamment des poupées sexuelles « ressemblant à des enfants », ce qui a conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête pénale sur la plateforme commerciale.

Depuis lors, la Commission a utilisé les pouvoirs que lui confère la DSA pour demander à Shein de lui fournir davantage d’informations sur la manière dont elle surveille la vente de ces produits sur sa plateforme, ainsi que sur les risques systémiques plus larges que la plateforme pourrait présenter dans l’ensemble de l’UE.

Shein est désignée comme une très grande plateforme en ligne (VLOP) au titre de la DSA depuis avril 2024, ce qui signifie qu’elle doit se conformer aux règles de gouvernance en ligne les plus strictes de l’Union européenne pour les plateformes, supervisées par la Commission elle-même.

Outre la vente de produits illégaux, l’enquête ouverte aujourd’hui se penchera sur les risques de dépendance liés aux caractéristiques de conception de la plateforme Shein. L’exécutif européen examinera en particulier la pratique de l’entreprise consistant à offrir aux consommateurs des « points ou des récompenses pour leur engagement ».

Selon la Commission, ces caractéristiques pourraient nuire au bien-être des utilisateurs et bafouer les protections des consommateurs, comme elle l’a indiqué dans un communiqué de presse.

La Commission examinera également la manière dont les systèmes de recommandation de Shein proposent des contenus et des produits aux acheteurs.

En vertu de la DSA, Shein doit divulguer les principaux paramètres de ces systèmes et fournir aux utilisateurs une option « facilement accessible » leur permettant de passer à des recommandations non basées sur le profilage.

Un porte-parole de Shein a affirmé que l’entreprise avait investi « de manière significative » dans des mesures de conformité à la DSA. Dans un communiqué de presse envoyé à Euractiv, il a ajouté que l’entreprise coopérerait avec l’enquête de la Commission.

Il n’y a pas de date limite fixe pour la conclusion de l’enquête de la Commission sur la DSA. Mais si elle décide finalement que Shein a enfreint le règlement, l’entreprise pourrait se voir infliger des amendes pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires mondial.