La Commission renforce les contrôles à l'importation dans le cadre de la politique commerciale de l'UE
Les contrôles porteront principalement sur la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, ainsi que sur les résidus de pesticides.
Olivér Várhelyi, commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, a lancé lundi un nouveau groupe de travail chargé de renforcer les contrôles aux frontières, alors que les ministres de l’agriculture font pression sur la Commission pour qu’elle rassure les agriculteurs au sujet des accords commerciaux à venir.
En décembre, la Commission a fait part de sa volonté d’augmenter les audits aux points d’entrée de l’UE – également appelés « postes de contrôle aux frontières » – afin de vérifier si les autorités nationales inspectent correctement les expéditions. Elle s’est également engagée à créer un groupe de travail chargé de renforcer les contrôles aux frontières, afin d’apaiser les inquiétudes concernant les futures importations dans le cadre de l’accord UE-Mercosur et d’autres accords commerciaux.
M. Várhelyi a annoncé lundi la création de cette plateforme aux ministres de l’Agriculture lors du Conseil, affirmant qu’elle améliorerait la coordination entre les pays de l’UE et avec la Commission.
Les contrôles porteraient principalement sur la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, ainsi que sur les résidus de pesticides, a indiqué la Commission dans un communiqué de presse.
M. Várhelyi a expliqué que cette initiative nécessiterait du personnel et des fonds supplémentaires, ainsi que des contrôles plus efficaces et numériques, notamment grâce à l’intelligence artificielle, sans toutefois fournir de détails sur les objectifs ou les budgets spécifiques.
Certains ministres attendaient cette mesure depuis longtemps. Le ministre italien de l’Agriculture, Francesco Lollobrigida, a déclaré que tous les pays de l’UE n’accordaient pas la même attention aux contrôles sur les voies d’entrée.
« Le groupe de travail veillera à ce que chacun fasse sa part », a-t-il annoncé.
Son homologue espagnol, Luis Planas, a appelé à l’harmonisation des contrôles dans l’ensemble de l’Union, arguant que les autorités nationales appliquent actuellement les règles de l’UE de manière incohérente. « Il est très important de montrer que nous sommes capables de contrôler [les importations] de Rotterdam à Algésiras ».
Un récent audit de l’UE, par exemple, a mis en garde contre la faiblesse des contrôles à l’importation de l’huile d’olive.
Par ailleurs, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé son intention de créer une brigade nationale d’inspection. Celle-ci « compléterait naturellement un groupe de travail européen », a-t-elle indiqué.
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Étiquetage d’origine, prix des engrais
Les préoccupations commerciales ont marqué le reste de l’ordre du jour de l’Agrifish, les ministres ayant balayé un large éventail de sujets.
La France et l’Autriche ont présenté des documents séparés, appelant la Commission à honorer son engagement de suspendre les droits de douane sur les engrais à base d’urée et d’ammoniac, et à atténuer l’impact potentiel de la taxe carbone aux frontières de l’UE (CBAM) sur les prix des engrais.
Paris a également pris l’initiative de promouvoir l’introduction d’un étiquetage obligatoire du pays d’origine pour « autant de produits que possible », une mesure que certains ministres ont accueillie avec prudence.
Le ministre irlandais de l’agriculture, Martin Heydon, dont le pays assurera la présidence tournante du Conseil plus tard cette année, a déclaré que l’UE devait « veiller » à ne pas nuire au marché unique en mettant en avant les nationalités.
De même, M. Várhelyi a averti que l’extension de l’étiquetage obligatoire au niveau national pourrait être contraignante pour les producteurs alimentaires et risquait de fragmenter le marché de l’UE.