La Commission suit de près l’expulsion des Roms par la France

La Commission européenne suit de très près les relations entre la France et sa communauté rom, que les autorités prévoient d’expulser en groupes, ont affirmé hier (18 août) des représentants de la Commission, après avoir été interrogés par la presse bruxelloise sur la conformité de ces expulsions avec la législation de l'UE.

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La Commission européenne suit de très près les relations entre la France et sa communauté rom, que les autorités prévoient d’expulser en groupes, ont affirmé hier (18 août) des représentants de la Commission, après avoir été interrogés par la presse bruxelloise sur la conformité de ces expulsions avec la législation de l'UE.

Les pays de l'UE ont le droit de prendre des mesures de sécurité en ce qui concerne les étrangers qui résident sur leur territoire, mais nous suivons la situation avec beaucoup d'attention, a affirmé la porte-parole de la Commission Amelia Torres.

Mme Torres a dit que deux commissaires s'occupaient de cette question : la commissaire chargée de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté Viviane Reding et le commissaire chargé de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion László Andor.

Aujourd'hui (19 août), la France commence à expulser 700 Roms venant principalement de Roumanie et de  Bulgarie qui vivent en France dans des camps illégaux, a rapporté la presse française. Le 28 juillet, le président français Nicolas Sarkozy a lancé une nouvelle initiative anti-criminelle visant la "population itinérante" en insistant particulièrement sur la communauté Rom (EURACTIV 29/07/10).

Le ministre de l'Immigration Eric Besson a dit que 79 Roms, qui avaient convenu de rentrer dans leur pays d'origine en échange de 300 euros pour les adultes et 100 pour les mineurs, embarqueraient à bord d'un vol à destination de Bucarest, la capitale de la Roumanie, jeudi prochain. 

Il a expliqué que la police avait jusqu'ici démantelé 51 camps de Roms illégaux et que deux vols conduiraient les Roms en Roumanie et Bulgarie les 19 et 26 août, un troisième vol étant prévu pour fin septembre.

Les journalistes ont souhaité connaître la base sur laquelle les expulsions de 700 personnes étaient réalisées, la législation de l'UE exigeant que chaque cas soit examiné individuellement. Un porte-parole de la Commission a répondu qu'il donnerait ce genre de détails plus tard, et que la Commission surveillait la situation pour le moment.

Teodor Basconschi, le ministre des Affaires étrangères roumain, a fait part de sa crainte de voir la xénophobie augmenter en France en raison de l'expulsion des Roms. Je suis inquiété par les risques d'une provocation populiste et de la création de réactions xénophobes en ces temps de crise économique, a-t-il dit dans un entretien avec le service roumain de la chaîne de radio française RFI.

M. Basconschi, ancien ambassadeur auprès de la France, a appelé à une approche franco-roumaine conjointe pour résoudre la situation, dénuée de fièvre électorale artificielle. Il se référait apparemment aux faibles perspectives de M. Sarkozy en vue des élections présidentielles de 2012.

Le président et fondateur du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a qualifié de lamentable la politique du gouvernement français à l'égard des Roms et a accusé M. Sarkozy de déclancher un climat de tensions juste pour pouvoir jouer le rôle de Zorro.

Personne ne gagne rien en essayant de camoufler la complexité de certains sujets, a-t-il poursuivi. Depuis le début de l'été, le président a besoin de boucs émissaires, a argué M. Mélenchon.

Au niveau gouvernemental, la Bulgarie est restée silencieuse sur cette controverse, mais les rédacteurs de la presse de l'opposition ont condamné la politique de "déportation" de M. Sarkozy.

Il semblerait que le nombre de Roms venant de Bulgarie en France et en Europe occidentale en général serait bien plus bas que le nombre de Roms venant de Roumanie.