Les jeunes français consomment moins de tabac, d'alcool et de cannabis depuis le Covid, selon l’OMS

Tabac, alcool et cannabis : trois substances nocives habituellement plébiscitées par les adolescents français, qui ont pourtant vu leur consommation chuter depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Euractiv France
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En 2021, 9,1 % des élèves de troisième avaient testé le cannabis, soit près de 3 fois moins qu’en 2010 (23,9 %). [guruXOX/Shutterstock]

Tabac, alcool et cannabis : trois substances nocives habituellement plébiscitées par les adolescents français, qui ont pourtant vu leur consommation chuter depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Selon les résultats d’une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’enquête française EnCLASS publiée ce vendredi (16 décembre), la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis a diminué chez les adolescents français depuis la pandémie de Covid.

« Ces résultats montrent que la pandémie a accéléré la tendance à la baisse de la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis chez les jeunes Français », a déclaré Hans Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe dans un communiqué de presse.

En France, comme partout ailleurs en Europe, les différentes mesures en place pour lutter la propagation du virus pendant la pandémie ont notamment mené à la fermeture des écoles, collèges et lycées.

Résultat ? Les adolescents ont non seulement vu leur apprentissage scolaire bouleversé, mais également leurs relations sociales.

Avec pour conséquence inattendue une baisse significative de la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis, selon l’enquête EnCLASS menée sur 2 000 élèves de troisième en 2021.

« Cette évolution positive montre que les interactions sociales des jeunes peuvent influencer l’abus de substances nocives, ainsi que l’efficacité de politiques et de campagnes ciblées », explique Emmanuelle Godeau, l’une des principaux auteurs de l’enquête EnCLASS.

Mais selon Mme Godeau, les différents confinements ne sont pas la seule explication. C’est aussi le résultat de « politiques et de stratégies publiques réussies, notamment la lutte contre la banalisation du tabagisme », décrypte-t-elle dans le communiqué de presse de l’OMS.

La consommation de tabac en chute libre

Si les jeunes ont diminué leur consommation de cannabis et d’alcool, c’est lorsqu’on observe les résultats de la consommation de tabac que les chiffres sont les plus significatifs.

En 2021, la proportion d’adolescents ayant déjà fumé des cigarettes avoisinait les 30% contre 37,5 % en 2018 et près de 52 % en 2010.

Également, la proportion de consommateurs actuels de cigarettes parmi les jeunes, c’est-à-dire au moins 1 cigarette au cours des 30 derniers jours, est passée de 13,6 % en 2018 à 10,2 % en 2021.

Pour autant, la consommation de cigarettes électroniques est restée stable au cours de la pandémie, indique l’étude, qui juge même « inquiétant » de constater que la cigarette électronique devient de plus en plus populaire parmi les adolescents français.

L’étude révèle également que l’alcool reste la substance nocive préférée des jeunes français : en 2021, 2 élèves de troisième sur 3 en ont déjà consommé.

Mais là encore ce chiffre est en baisse : il est le plus bas enregistré depuis 2010, et 60 % de la diminution totale se situe entre 2018 et 2021.

Quant au cannabis, sa consommation est aussi en déclin : en 2021, 9,1 % des élèves de troisième avaient testé le cannabis, soit près de 3 fois moins qu’en 2010 (23,9 %).

Pour Hans Kluge, les résultats de l’enquête démontrent « à la fois l’importance de politiques intelligentes et l’influence de notre environnement sur nos comportements ».

Mais si les différentes restrictions sanitaires ont eu des effets bénéfiques pour la santé des adolescents français, d’autres conséquences, plus graves, sont à prendre au sérieux.

« Ces conclusions soulèvent la question de savoir dans quelle mesure la pandémie a affecté la santé générale des jeunes ; il est essentiel que les décideurs continuent à étudier ces effets, qu’ils soient bénéfiques ou néfastes pour la santé de la population », a averti M. Kluge.