La crise politique italienne s'ajoute aux troubles économiques

La crise politique italienne a atteint de nouveaux sommets hier (3 août), alors que les institutions européennes expriment leur confiance dans l'économie du pays dont la fragilité menace la zone euro dans son ensemble.

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La crise politique italienne a atteint de nouveaux sommets hier (3 août), alors que les institutions européennes expriment leur confiance dans l'économie du pays dont la fragilité menace la zone euro dans son ensemble.

Le premier ministre, Silvio Berlusconi, a promis hier (3 août) de mettre en place des réformes économiques dans son pays, la troisième économie de la zone euro, et a demandé que tout le pays s'allie pour contrer les attaques des marchés.

Lors d'un discours qui n'a pas apporté beaucoup d'informations détaillées, il a déclaré : « Le gouvernement et le parlement agiront, je l'espère, avec un important consensus politique et social pour lutter contre tout ce qui menace notre stabilité financière. Aujourd'hui plus que jamais, nous devons agir ensemble ».

M. Berlusconi avait reporté ce discours à deux reprises, attendant que la bourse de Milan ferme avant de s'exprimer devant les députés. Il leur a affirmé que l'Italie avait « un système économique et politique solide », mais il a proposé peu d'idées pour faire face à la crise.

Il a proposé un nouveau pacte de croissance et une réforme de la réglementation qui protège les travailleurs italiens, une proposition qui pourrait se révéler très controversée à la lumière du taux de chômage élevé dans le pays.

Il a également proposé un nouvel accord social impliquant notamment une coopération entre les employeurs et les syndicats. Les analystes restent toutefois sceptiques quant à la capacité de telles politiques à restaurer une croissance économique solide, ce qui manque au pays depuis plusieurs années.

Le régime de M. Berlusconi semble en réalité s'affaiblir de jour en jour. Les appels de l'opposition pour qu'il démissionne ont été relayés par l'influent PDG de Fiat, Sergio Marchione, qui est très proche de l'administration américaine depuis qu'il a sauvé le constructeur automobile Chrysler aux Etats-Unis.

M. Marchione a déclaré : « Nous avons besoin d'un pouvoir crédible. Dans les autres pays, celui qui fait des erreurs démissionne ».

Soutien de l'UE

Hier, lors d'une déclaration inattendue, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a de nouveau exprimé sa confiance en la santé de l'Italie et de l'Espagne, malgré les lourdes pressions exercées sur ces deux pays par les marchés financiers.

M. Barroso a déclaré : « L'évolution de la situation n'est clairement pas justifiée étant donné les fondamentaux économiques et budgétaires de ces deux Etats membres et les mesures qu'ils prennent pour renforcer ces fondamentaux ».

Toutefois, son analyse de la situation n'a pas vraiment apaisé les investisseurs qui exigent des rendements historiquement élevés pour les obligations italiennes et espagnoles, ce qui augmente l'écart entre ces dernières et le bund allemand.

Réunion de crise entre Tremonti et Juncker

Avant que Berlusconi ne s'exprime au parlement, le ministre italien des finances, Giulio Tremonti, s'est rendu au Luxembourg pour rencontrer le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Après une réunion de deux heures, ils se sont limités à une courte déclaration, affirmant qu'ils avaient discuté des problèmes qui affectaient toute la zone euro et qu'ils se rencontreraient à nouveau pour aborder cette question.

M. Tremonti s'est également entretenu par téléphone avec le commissaire européen en charge des finances, Olli Rehn.

La porte-parole de M. Rehn a déclaré : « M. Tremonti a informé le commissaire Olli Rehn des mesures prises par l'Italie pour mettre en œuvre des réformes structurelles et une consolidation budgétaire ».

« Olli Rehn a réaffirmé qu'il était convaincu que M. Tremonti et les autorités italiennes faisaient ce qu'il fallait pour remettre le pays sur les rails vers une meilleure croissance et une consolidation budgétaire », a-t-elle ajouté

Tremonti, une étoile tombante ?

De nombreux commentateurs ont lié les récents problèmes de l'Italie sur les marchés financiers à une série de scandales politiques et judiciaires qui ont affaibli M. Tremonti.

Il y a deux semaines, la bourse de Milan a sombré suite à un article paru dans le journal italien La Repubblica dans lequel M. Berlusconi prenait clairement ses distances par rapport à son ministre des finances.

La situation a empiré lorsqu'un assistant de M. Tremonti, Marco Milanese, a été accusé de corruption et de trafic d'influence. Le ministre des finances serait dangereusement proche de son ancien conseiller qui lui a offert d'utiliser gratuitement un luxueux appartement situé dans le centre de Rome pendant de nombreuses années.

M. Tremonti était perçu comme une sorte de protection contre les dépenses excessives et les promesses populistes de M. Berlusconi, même en plein cœur de la crise financière. Ironiquement, M. Tremonti était assis aux côtés de M. Berlusconi lors des échanges musclés d'hier au parlement pour faire passer un message d'unité politique.