La flambée des prix des denrées alimentaires pourrait alimenter les tensions sociales et l’extrême pauvreté
Les principales organisations financières et alimentaires internationales ont appelé à une action urgente et coordonnée en matière de sécurité alimentaire à la lumière de la guerre en Ukraine.
Les principales organisations financières et alimentaires internationales ont appelé à une action urgente et coordonnée en matière de sécurité alimentaire à la lumière de la guerre en Ukraine, avertissant que la flambée des prix des denrées alimentaires pourrait alimenter les tensions sociales et plonger des millions de personnes dans la pauvreté.
La déclaration, publiée conjointement par les dirigeants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI), du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) mercredi 13 avril, s’ajoute à la liste toujours plus longue d’acteurs qui soulignent la nécessité d’une action urgente en matière de sécurité alimentaire et d’atténuation des effets de la forte hausse des prix des denrées alimentaires.
« Il est essentiel de fournir rapidement un soutien aux pays souffrant d’insécurité alimentaire de manière coordonnée », peut-on lire dans le document, qui précise que les organisations « sont prêtes à collaborer avec leurs partenaires multilatéraux et bilatéraux pour aider les pays à faire face à cette crise urgente ».
La combinaison mortifère de la guerre en Ukraine et de la pandémie de Covid-19 a entraîné une flambée des prix des denrées alimentaires de base. Parallèlement, la fragilité du système alimentaire est encore exacerbée par le changement climatique.
La flambée des prix des denrées alimentaires a entraîné des pénuries d’approvisionnement, augmentant ainsi la pression sur les ménages dans le monde entier et « plongeant des millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté », peut-on lire dans le communiqué.
Selon les estimations de la Banque mondiale, chaque point de pourcentage d’augmentation des prix des denrées alimentaires fait basculer 10 millions de personnes dans l’extrême pauvreté dans le monde.
La menace est la plus forte pour les pays les plus pauvres, dont la consommation provient en grande partie des importations alimentaires. Toutefois, la vulnérabilité augmente rapidement dans les pays à revenu intermédiaire, qui accueillent la plupart des pauvres du monde, prévient la déclaration.
Les organisations ont également averti que l’augmentation des prix des denrées alimentaires et les chocs d’approvisionnement peuvent « alimenter les tensions sociales » dans de nombreux pays touchés, notamment ceux qui sont déjà fragiles ou affectés par des conflits.
Garder son calme et continuer à commercer
La déclaration propose plusieurs mesures pour aider les pays vulnérables à faire face à la situation. Il s’agit notamment de fournir des denrées alimentaires d’urgence, de déployer un soutien financier aux ménages et aux pays, et d’investir dans la production alimentaire durable et la sécurité nutritionnelle.
Elle exhorte également la communauté internationale à contribuer à répondre aux besoins de financement urgents, notamment par des subventions. Cela devrait inclure le financement de produits alimentaires immédiats, de filets de sécurité pour répondre aux besoins des pauvres ainsi que pour les petits agriculteurs confrontés à la hausse des prix des intrants, précisent les organisations.
Dans le même temps, la déclaration exhorte également tous les pays à maintenir le commerce ouvert et sans entrave.
« Nous pouvons atténuer les pressions sur la balance des paiements et travailler avec tous les pays pour maintenir les flux commerciaux ouverts », soutient la déclaration.
Elle souligne également la nécessité pour les pays d’éviter les « mesures restrictives » telles que les interdictions d’exportation de denrées alimentaires ou d’engrais qui « exacerbent encore les souffrances des personnes les plus vulnérables ». Cela est particulièrement vrai pour les achats de nourriture destinés à l’aide humanitaire par le PAM des Nations Unies, précise-t-elle.
La récente décision de l’Union européenne d’interdire toutes les importations de potasse en provenance de Biélorusse, un engrais important dont l’Europe ne dispose pas en quantité suffisante, a accentué la pression sur le secteur agricole qui était déjà confronté à une hausse des prix des intrants.
Les organisations affirment qu’elles s’engagent à combiner leur expertise et leur financement pour « intensifier rapidement notre soutien politique et financier afin d’aider les pays et les ménages vulnérables et d’augmenter la production agricole nationale dans les pays touchés, ainsi que l’approvisionnement de ces derniers ».
Parallèlement, les organisations se sont engagées à renforcer leur surveillance des fragilités sur le plan alimentaire et affirment qu’elles s’efforcent de fournir des conseils politiques aux pays touchés.