La France appelle la Turquie à combattre le trafic d'êtres humains
Lors d'une visite à Chypre hier (18 octobre), le ministre français de l'Immigration, Eric Besson, a déclaré que la Turquie devait "faire mieux" en matière d'immigration en protégeant ses frontières et en admettant à nouveau les migrants illégaux, y compris les centaines de prostituées qui travaillent dans le nord de Chypre.
Lors d'une visite à Chypre hier (18 octobre), le ministre français de l'Immigration, Eric Besson, a déclaré que la Turquie devait "faire mieux" en matière d'immigration en protégeant ses frontières et en admettant à nouveau les migrants illégaux, y compris les centaines de prostituées qui travaillent dans le nord de Chypre.
"Chypre demande à la Turquie de mieux protéger ses frontières extérieures et de réadmettre les illégaux", a dit M. Besson à l'AFP au cours de sa visite à Chypre.
"La Turquie doit faire mieux, surtout depuis qu'elle a entamé simultanément plusieurs chapitres des négociations [d'adhésion] avec l'Union européenne", a-t-il ajouté.
"Nous avons besoin de signaux concrets de la part de la Turquie sur la réadmission des illégaux", explique M. Besson.
La Turquie risque d'être accusée d'en faire trop peu dans son combat contre le commerce florissant des esclaves sexuels dans la partie nord de Chypre occupée par Ankara depuis 1974.
Dans un rapport publié en juin, le Département d'Etat des Etats-Unis affirmait que près de 1000 permis de travail d"hôtesses" avaient été délivrés l'année passée dans le nord de Chypre, ces permis étant principalement utilisés par des prostituées. Le nord de l'île comporte 42 boîtes de nuit et les autorités ne disposent pas de procédures pour identifier les victimes du trafic, peut-on lire dans le rapport.
Sener Elcil, le secrétaire général de l'union des enseignants turcs chypriotes a déclaré, selon l'AFP, que la police du nord de Chypre "ne faisait rien" pour combattre le trafic d'êtres humains et complotait même avec les organisateurs de ce trafic.
"La Turquie est responsable de ces activités. La mafia dirige la partie nord de l'île et la police ne fait rien. Pire encore, ils sont impliqués, ils s'emparent des passeports des filles lorsqu'elles arrivent", dit-il.
La Grèce appelle l'UE à l'aide
Le quotidien français Le Monde écrivait aujourd'hui que la Grèce souffre également des flux de migration illégale non contrôlés à partir de la Turquie.
"La Grèce ne peut plus supporter cette situation […] nous appelons l'UE à assumer ses responsabilités vis-à-vis de notre pays", a récemment lancé le ministre chargé de l'immigration, Christos Papoutsis, en visite dans la région du fleuve Evros, au nord-est du pays.
Depuis début 2010, la police grecque a intercepté 34 000 personnes dans cette zone, contre 9000 l'année précédente, continue Le Monde. Parmi les migrants illégaux se retrouvent des Afghans, des Pakistanais, des Somaliens, ainsi que des Africains du nord et de l'ouest, qui semblent à présent préférer cet itinéraire au chemin plus direct vers l'Espagne.
La Commission européenne a déclaré qu'elle était en contact avec les autorités grecques.
La commissaire chargée des affaires intérieures, Cecilia Malmström, qui se trouvait en Grèce le mois dernier, a déclaré qu'Athènes faisait face à un "gigantesque" défi dans sa lutte contre l'immigration illégale.
Frontex, l'agence européenne basée à Varsovie qui coordonne le travail dans le domaine de la sécurité des frontières, a ouvert un bureau opérationnel en Grèce dans la ville de Pirée le 1er Octobre. Il s'agit des premiers locaux de l'agence en dehors de ses quartiers généraux à Varsovie.
Ankara réticent à l'idée d'accepter la réadmission
Les citoyens turcs sont sujets au régime des visas pour visiter l'UE. La Turquie exhorte l'Union à mettre en place un programme de facilitation des visas similaire à celui permettant à plusieurs pays des Balkans occidentaux de voyager sans visa en UE.
Toutefois, ces pays ont dû remplir une condition préalable. Ils ont signé des accords de réadmission avec l'UE où ils étaient d'accord d'admettre sur leur territoire les migrants illégaux qui avaient été capables de se rendre dans les pays membres. La Turquie reste peu enthousiaste à l'idée de la signature d'un tel accord.