La gauche espagnole suspend une motion de censure contre le Premier ministre Pedro Sánchez
Mardi 17 décembre, le bloc parlementaire espagnol de gauche a temporairement bloqué une proposition du parti séparatiste catalan de droite Ensemble pour la Catalogne (JxCat) visant à forcer le Premier ministre Pedro Sánchez à se soumettre à une motion de censure.
Mardi 17 décembre, le bloc parlementaire espagnol de gauche a temporairement bloqué une proposition du parti séparatiste catalan de droite Ensemble pour la Catalogne (JxCat) visant à forcer le Premier ministre Pedro Sánchez à se soumettre à une motion de censure.
En bloquant l’initative de JxCat, les partis de gauche, dont le PSOE (S&D) de Pedro Sánchez et son partenaire de coalition Sumar (La Gauche) peuvent ainsi contrôler la commission parlementaire concernée. Ils ont affirmé que la proposition était politiquement délicate et qu’elle pourrait créer un précédent juridique important.
Le 12 décembre, le dirigeant du JxCat, Carles Puigdemont, a lancé un appel pour que Pedro Sánchez soit confronté à un vote de défiance. L’ancien président catalan estime en effet que le Premier ministre espagnol n’est « pas digne de confiance ».
Carles Puigdemont a critiqué le Premier ministre pour avoir prétendument rompu les promesses énoncées dans un accord bilatéral signé en novembre 2023, qui assurait la réélection de Pedro Sánchez et garantissait un soutien parlementaire en échange de concessions politiques.
Pour gagner le soutien du JxCat et de son rival séparatiste catalan La Gauche républicaine de Catalogne (ERC), Pedro Sánchez a fait adopter une loi d’amnistie controversée graciant des centaines de militants séparatistes impliqués dans des actions illégales entre 2012 et 2023, y compris la tentative séparatiste pour l’indépendance de la Catalogne en 2017.
Le secrétaire général du JxCat, Jordi Turull, a également averti que le gouvernement de Pedro Sánchez risque de s’effondrer si les promesses ne sont pas tenues. La coalition de Pedro Sánchez dépend du soutien du JxCat, d’ERC et de deux partis basques indépendantistes, le Parti nationaliste basque (PNV) et EH Bildu, pour assurer la survie du gouvernement jusqu’à la fin du mandat en 2027.
Malgré ces menaces, les experts estiment que la proposition du JxCat a peu de chances d’aboutir, rapporte la radio publique espagnole RNE.
Le service juridique du parlement espagnol a déclaré que la proposition était une possible « motion de censure déguisée », qui n’a toutefois aucune valeur juridique, puisque le Premier ministre espagnol est le seul à avoir le pouvoir de lancer la procédure de vote de défiance. L’initiative pourrait néanmoins avoir des répercussions politiques potentielles.
Des sources parlementaires ont indiqué que la date la plus probable pour une décision finale serait février ou mars 2025.