La Grèce présentera un accord de renflouement incomplet
Hier (8 février), les dirigeants grecs ne sont pas parvenus à s'accorder sur un programme de réformes et de mesures d'austérité. Ce programme était le prix à payer pour que la Grèce puisse bénéficier d'un renflouement et ainsi éviter un défaut de paiement désordonné. Le ministre des finances, Evangelos Venizelos a donc du se rendre auprès des bailleurs de fonds du pays avec un accord incomplet.
Hier (8 février), les dirigeants grecs ne sont pas parvenus à s'accorder sur un programme de réformes et de mesures d'austérité. Ce programme était le prix à payer pour que la Grèce puisse bénéficier d'un renflouement et ainsi éviter un défaut de paiement désordonné. Le ministre des finances, Evangelos Venizelos a donc du se rendre auprès des bailleurs de fonds du pays avec un accord incomplet.
M. Venizelos se rendra aujourd'hui à Bruxelles, où les autres ministres des finances de la zone euro espéraient qu'il puisse leur présenter un accord présentant des mesures d'économie de l'ordre de 3,3 milliards d'euros cette année.
Mais à l'issue d'une réunion qui a duré toute la nuit entre les leaders des trois partis de la coalition grecque et des représentants de l'UE et du FMI, M. Venizelos est sorti peu avant l'aube pour annoncer qu'un problème restait irrésolu.
« Je pars pour Bruxelles dans peu de temps, avec l'espoir que le sommet de l'Eurogroupe aura lieu, et qu'une décision positive sur le nouveau programme sera prise », a-t-il dit à la presse.
« La survie financière de ce pays dans les prochaines années dépend de ce nouveau programme […] Tout le monde doit avoir en ce moment le sens des responsabilités. »
M. Venizelos n'a pas précisé quel était le problème ou la raison pour laquelle il n'était pas certain que Bruxelles accepterait le renflouement de 130 milliards d'euros.
Un porte-parole du parti socialiste PASOK a expliqué que la réforme des retraites avait été la principale pomme de discorde.
Selon un haut fonctionnaire du gouvernement, les chefs de parti se sont mis d'accord sur la manière de réaliser 90 % des économies promises.
Athènes devra combler ces 10 % rapidement, a déclaré le fonctionnaire. « La Grèce a 15 jours supplémentaires pour préciser comment elle parviendra à économiser 300 millions d'euros dans son budget », a-t-il affirmé sous le couvert de l'anonymat.
Espoir
Avant la réunion, le premier ministre, Lucas Papademos, avait dit espérer que les leaders de parti puissent surmonter leurs différences en amont de la réunion des ministres des finances de la zone euro ce soir à Bruxelles.
Les perspectives d'un accord sur le second renflouement de la Grèce depuis 2010 ont semblé s'éclaircir lorsque le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a convoqué une réunion à Bruxelles pour examiner les conditions du renflouement et l'échange d'obligations qui l'accompagne. La directrice du FMI, Christine Lagarde, participera à cette réunion.
L'Union européenne et le Fonds monétaire international ont proposé un nouveau programme de sauvetage devant permettre à la Grèce d'éviter un défaut de paiement chaotique lorsque ses titres de dette arriveront à échéance le 20 mars, ainsi qu'un échange d'obligations avec les créanciers privés pour alléger la dette du pays.
En échange, Athènes doit accepter certaines conditions requérant des sacrifices importants pour la population. Le plus petit membre de la coalition, le parti LAOS d'extrême droite, s'est montré particulièrement réticent à adopter ces mesures.
« Le président du LAOS George Karatzaferis a exprimé de sérieuses réserves », a déclaré M. Papademos, un ancien banquier central parachuté au poste de premier ministre lorsque le gouvernement PASOK s'est effondré en novembre dernier.
Panos Beglitis, un porte-parole du PASOK qui est dans la coalition aux côtés du LAOS et du parti conservateur Nouvelle démocratie, a affirmé qu'ils n'étaient pas parvenus à se mettre d'accord sur l'ampleur des réductions à apporter au régime des retraites complémentaires visant à sauver le système des retraites.
M. Beglitis a toutefois confié aux journalistes que les dirigeants s'étaient accordés sur une réduction de 22 % du salaire minimum dans le but de rendre l'économie grecque plus compétitive. Les projets visant à réduire les primes versées aux travailleurs du secteur privé à Noël, Pâques et pendant l'été ont été abandonnés.
Deux sources proches des discussions ont expliqué que le gouvernement promettrait de réduire ses dépenses et d'augmenter les impôts pour lever 13 milliards d'euros entre 2012 et 2015, ce qui reviendrait à quasiment doubler la somme des sept millions initialement promise.
Des bailleurs de fonds frustrés
Les bailleurs de fonds internationaux exigent que les chefs de parti s'engagent par écrit à mettre en oeuvre le programme de réduction des salaires et des retraites, ainsi que des réformes structurelles et administratives.
Des fonctionnaires de la zone euro ont expliqué que ces mesures devraient être approuvées en Grèce, puis par l'UE, la BCE et le FMI avant le 15 février, afin que les formalités juridiques complexes puissent être menées à bien à temps pour la date butoir du 20 mars.
Les dirigeants répugnent toutefois à accepter les conditions strictes des bailleurs de fonds, dans la mesure où la population exprime son mécontentement. Des élections législatives auront lieu dès le mois d'avril prochain.
D'autres éléments de l'accord ont progressivement évolué, comme l'échange d'obligations pour les créanciers privés visant à alléger le poids de la dette grecque en réduisant la valeur des titres détenus par les banques et les compagnies d'assurance.
Le taux moyen des nouvelles obligations serait de 3,5 %, a annoncé la chaîne télévisée publique NET TV. Les créanciers devraient donc accepter une décote de 70 % de la valeur de leurs titres de dette.
L'agence de notation Standard & Poor's a déclaré que la Grèce ne parviendrait sans doute pas à atteindre un niveau de dette soutenable si elle comptait uniquement sur une décote de 70 % de la valeur des obligations détenues par les créanciers privés, poussant la BCE a assumer sa part de pertes.
Alors que les banques et les compagnies d'assurances sont presque toutes d'accord sur une décote, Athènes et les banques commerciales poussent aujourd'hui la BCE à elle aussi accepter d'encaisser des pertes pour ramener la dette du pays à un niveau soutenable. Cette initiative pourrait permettre de lever au minimum 11 milliards d'euros.
Les décideurs de la BCE restent toutefois divisés sur la contribution de la banque à la restructuration de la dette grecque, ont expliqué deux sources en charge de la politique monétaire dans la zone euro.
« Il n'y a pas encore d'accord. Certains s'y opposent au Conseil », a ajouté une autre source, ajoutant que le président de la BCE, Mario Draghi, n'avait pas encore donné sa position.