La Grèce remplace le président chypriote malade au sommet européen
Le président chypriote Nicos Anastasiades a été hospitalisé dès le premier jour du sommet européen le 23 octobre. Le premier ministre grec Antonis Samaras l'a remplacé au pied levé à la table des négociations. Une première dans l'histoire de l'Union européenne.
Le président chypriote Nicos Anastasiades a été hospitalisé dès le premier jour du sommet européen le 23 octobre. Le premier ministre grec Antonis Samaras l’a remplacé au pied levé à la table des négociations. Une première dans l’histoire de l’Union européenne.
Le président chypriote Nicos Anastasiades est arrivé à Bruxelles le 22 octobre, à la veille du sommet européen consacré au climat. Un diplomate chypriote a expliqué à EURACTIV qu’il était dans les habitudes du président chypriote d’arriver une journée avant la tenue du sommet, en raison de la durée du vol qui sépare Chypre et Bruxelles.
Mais au matin du 23 octobre, Nicos Anastasiades a été victime d’un saignement nasal excessif. Il a été de suite hospitalisé et les examens ont montré qu’il souffrait d’hypertension. Nicos Anastasiades est sorti rapidement de l’hôpital, mais les médecins lui ont conseillé de rester alité pour une durée de 48 heures.
Peu avant le sommet, Antonis Samaras a rendu visite à son homologue chypriote à son hôtel et lui a souhaité un rétablissement rapide.
Aussi étrange que cela puisse paraître, Nicos Anastasiades ne peut pas être remplacé par un de ses ministres ou un ambassadeur chypriote. Selon le traité de Lisbonne, le Conseil européen regroupe les chefs d’État et de gouvernement et, dans ce cadre, seul un autre membre du Conseil européen peut le remplacer. Chypre est un régime présidentiel, il n’y a pas de premier ministre. Ainsi, la seule option restante était que Nicos Anastasiades désigne un dirigeant d’un autre État membre en vue de représenter Chypre lors du sommet.
Sans surprise, le Chypriote a opté pour le premier ministre grec, Antonis Samaras. Le Chypriote comptait aborder la question des incursions de navires turcs à la recherche de sources gazières dans la zone économique chypriote, là où Nicosie a déjà donné des autorisations à des compagnies pour effectuer des forages.
Intrusion turque dans les eaux territoriales chypriotes
La petite île a en effet découvert des sources de gaz naturel dans ses eaux territoriales en décembre 2011, et a émis des permis couvrant trois zones de forage au large de ses côtes, dans le sud et le sud-est, à un consortium international.
Or la Turquie a publié un NAVTEX (Navigational Telex), une communication destinée aux marins indiquant que des zones au sud de Chypre, ainsi que certains pans de la zone économique exclusive du pays, feront l’objet d’examens sismiques du 20 octobre au 30 décembre 2014.
Chypre considère que la décision de la Turquie était « illégale » et « provocatrice » et a annoncé suspendre les négociations dans le cadre de l’ONU sur la réunification de l’île dans le cadre d’un système fédéral.
Dans un message adressé au premier ministre turc Ahmet Davuto?lu, Nicoss Anastaiades a accusé la Turquie de prétendre vouloir trouver une solution au problème chypriote, et en même temps de mener des actions qui prouvent exactement le contraire.
Les conclusions du sommet devraient selon toute vraisemblance contenir un texte en de soutien à la position chypriote.
>> Lire : La justice européenne condamne la Turquie à dédommager Chypre