La Grèce sous surveillance pour n’avoir pas mis en œuvre la directive de l’UE sur les inondations

Alors que la Grèce commence à se remettre des inondations meurtrières provoquées par la tempête Daniel, les autorités du pays sont pointées du doigt pour leur manque de préparation et leur incapacité à mettre en œuvre les directives européennes sur la gestion des inondations.

Euractiv.com
Storm Daniel leaves floods and damage in central Greece
Une photo prise avec un drone montre le quartier inondé de Sotirio, près du lac Karla, en Thessalie, Grèce, le 15 septembre 2023, après que la tempête Daniel a balayé le centre de la Grèce. [<a href="https://epaimages.com/search.pp?flush=1&multikeyword=floods%20greece&startdate=&enddate=&autocomplete_City=&metadatafield5=&autocomplete_Country=&metadatafield44=" target="_blank" rel="noopener">EPA-EFE/STR</a>]

Alors que le centre de la Grèce commence à se remettre des inondations meurtrières provoquées par la tempête Daniel, les autorités du pays sont pointées du doigt pour leur manque de préparation et leur incapacité à mettre en œuvre les directives européennes sur la gestion des inondations.

La tempête Daniel est la tempête tropicale la plus meurtrière qui ait frappé la Grèce et d’autres régions de la Méditerranée au début du mois, faisant 17 morts et causant des dégâts considérables aux infrastructures et à la production agricole.

Un procureur a ouvert une enquête pour déterminer l’adéquation des mesures de prévention prises par les autorités locales. Cette enquête intervient alors que des accusations d’intervention humaine sur une digue fluviale voisine ont suscité des interrogations sur la cause des inondations.

En effet, les autorités régionales et locales auraient demandé la rupture d’une digue de la rivière Kaléntzis afin de détourner ses eaux et de minimiser les inondations dans les grandes villes, une décision qui a eu un coût élevé pour les villages voisins, qui ont été submergés par les inondations.

Les autorités régionales et locales se sont jusqu’à présent renvoyé la responsabilité de cette décision.

L’enquête déterminera les responsabilités, mais cette situation met une nouvelle fois en évidence le manque de préparation de la Grèce.

Les directives de l’UE ignorées

Alors que les eaux se retirent et que l’étendue des dégâts se révèle, le gouvernement et les autorités locales sont appelés à mieux se défendre contre les phénomènes météorologiques extrêmes causés par le changement climatique.

Au début du mois, le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis a annoncé une série de mesures pour soulager et rabâtir la région de Thessalie après les inondations.

Il propose principalement l’indemnisation des populations touchées, et souhaite la création d’un nouvel organisme de gestion de l’eau en Thessalie, qui sera chargé de mener des études et d’achever des travaux dans la région, d’assurer la gestion de ses rivières et de protéger ses cultures.

La Grèce a pris du retard dans la mise en œuvre de la législation européenne relative à la gestion efficace des cours d’eau et à la lutte contre les risques d’inondation.

En vertu de la directive-cadre sur l’eau, adoptée en 2000, chaque État membre de l’UE est tenu d’adopter un plan de gestion des bassins hydrographiques et de présenter un rapport à la Commission européenne tous les six ans. Il en va de même pour la directive relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation, adoptée en 2007, dont l’objectif est de réduire et de gérer les risques d’inondation en Europe.

La Commission européenne suit de près la mise en œuvre de la directive sur les inondations, a confié un porte-parole de la Commission à Euractiv. Il a déclaré que la Grèce n’avait pas révisé les documents nécessaires à temps, ce qui a conduit l’exécutif de l’UE à ouvrir une procédure d’infraction en février.

La gestion de l’eau

Le manque de résilience face aux inondations est un problème de gestion de l’eau, explique Claire Baffert, responsable de la politique de l’eau au Fonds mondial pour la nature (WWF).

L’activité humaine et les interventions sur les rivières ont affecté et dégradé les écosystèmes d’eau douce, soulevant le besoin d’une plus grande action de l’UE pour leur restauration, a-t-elle déclaré à Euractiv.

La directive-cadre sur l’eau a permis de prévenir efficacement la dégradation des écosystèmes, mais sa mise en œuvre laisse à désirer.

« Il y a un manque de mise en œuvre de la part des États membres et d’application de la part de la Commission », a déclaré Mme Baffert.

« La directive-cadre sur l’eau est toujours très pertinente, mais elle doit être mieux mise en œuvre, et des mesures qui donnent la priorité à la rétention de l’eau dans le paysage, telles que la restauration des plaines inondables, doivent être prises de toute urgence », a-t-elle conclu.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]