La moitié des Espagnols favorables à des concessions territoriales de l’Ukraine à Moscou

Un Espagnol sur deux estime que la guerre en Ukraine devrait prendre fin le plus rapidement possible, même si cela signifie que les Ukrainiens devraient céder « une partie du territoire » à la Russie et faire des « concessions » à Moscou, selon une nouvelle enquête paneuropéenne.

Euractiv.com avec Euroefe
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L’étude a révélé que les électeurs des partis de gauche de la coalition au pouvoir sont les plus favorables à une fin rapide du conflit, même si cela implique des concessions territoriales de l’Ukraine à Moscou. [Shutterstock/Daniel Myjones]

Un Espagnol sur deux estime que la guerre en Ukraine devrait prendre fin le plus rapidement possible, même si cela signifie que les Ukrainiens devraient céder « une partie du territoire » à la Russie et faire des « concessions » à Moscou, selon une nouvelle enquête paneuropéenne.

L’étude a été réalisée par le réseau européen de sondages d’opinion Euroskopia dans neuf pays de l’UE (Portugal, Autriche, Pays-Bas, Pologne, Espagne, France, Allemagne, Italie et Grèce), rapporte EFE, partenaire d’EURACTIV.

En Espagne, l’étude a été réalisée fin décembre par Sigma Dos, sur la base d’entretiens avec 1 000 personnes.

L’étude a révélé que les électeurs des partis de gauche de la coalition au pouvoir sont les plus favorables à une fin rapide du conflit, même si cela implique des concessions territoriales de l’Ukraine à Moscou.

Les électeurs du parti de gauche Unidas-Podemos (gauche radicale) et ceux du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, centre gauche) privilégient la paix à une victoire complète de l’Ukraine avec l’aide des alliés occidentaux – respectivement à hauteur de 61 % et 55 %.

Tandis qu’à droite, environ 46 % des électeurs du Partido Popular (PP, centre droit, affilié au PPE) sont de cet avis, tout comme 45 % des électeurs du parti Vox d’extrême droite et 44 % des électeurs du parti libéral Ciudadanos (Citoyens). En revanche, 38 % des électeurs du PP ne partagent pas cet avis, tout comme 36 % des électeurs de Vox et 41 % des électeurs du parti Ciudodanos.

En ce qui concerne le soutien militaire de Madrid aux Ukrainiens, 61 % des Espagnols y sont favorables. Cette question divise fortement les électeurs des différents camps politiques.

Les électeurs du parti PSOE et du PP y sont favorables à plus de 60 %, tandis que plus de la moitié des électeurs du parti de gauche radicale Unidas-Podemos rejettent tout élargissement du soutien militaire espagnol à Kiev.

Par ailleurs, les électeurs d’Unidas-Podemos se distinguent des autres à la question de savoir si l’UE doit à nouveau acheter du gaz à la Russie si le conflit en Ukraine se termine par un accord — question rejetée par un Espagnol sur deux.

Les électeurs d’Unidas-Podemos sont toutefois 41,4 % à souhaiter négocier à nouveau avec le président russe Vladimir Poutine, soit 10 points de pourcentage de plus que la population espagnole dans son ensemble. Parmi les électeurs du parti PSOE, seuls 32 % envisageraient une telle démarche.

Le sondage Euroskopia a également révélé que d’importantes différences se dessinent entre les Européens en ce qui concerne la gestion de la guerre en Ukraine.

Dans tous les pays de l’UE interrogés, 48 % sont favorables à une fin rapide du conflit, quitte à ce que l’Ukraine cède une partie de son territoire à la Russie. En revanche, 32 %, soit près d’un Européen sur trois, se disent opposés à ce sacrifice pour permettre l’accélération du retour à la paix.

L’Autriche, avec 64 % de soutien à une fin rapide du conflit, et l’Allemagne, avec 60 %, sont les États membres les plus favorables à cette solution. Celle-ci est également soutenue par les Grecs (54 %), les Italiens (50 %) et les Espagnols (50 %). Aux Pays-Bas, seuls 27 % sont favorables à cette idée, tandis qu’ils sont 28 % en Pologne et 41 % au Portugal.

L’envoi d’armes à l’Ukraine fait en revanche l’objet d’un consensus plus large, puisque 56 % des citoyens européens interrogés (61 % des Espagnols) y sont favorables.