La Norvège fustige Bruxelles après le refus de l’UE de lui accorder une exemption au commerce des métaux
Oslo a vivement critiqué l’Union européenne après que la Commission a décidé de ne pas l’exempter des nouvelles mesures de sauvegarde visant à protéger l’industrie métallurgique européenne face à la surproduction mondiale.
Mardi 18 novembre, la Commission a introduit des limites spécifiques par pays sur les importations de ferro-alliages et de nouvelles mesures de sauvegarde sur l’aluminium, à la suite de sa décision, prise en octobre, d’imposer des droits de douane de 50 % sur les importations d’acier dépassant les quotas.
Ces nouvelles restrictions « auront un impact négatif sur les industries norvégiennes », déplore la ministre norvégienne de l’Industrie, Cecilie Myrseth, dans un communiqué.
La Norvège représente environ 43 % des importations de ferro-alliages de l’UE — essentiel pour la production d’acier et de fer — et environ 2 500 emplois dans une région rurale et eurosceptique sont en jeu, selon les groupes industriels.
Olof Gill, porte-parole de la Commission a défendu cette décision mardi, soulignant que l’enquête menée par la Commission en 2024 avait conclu que l’augmentation des importations de ferro-alliages causait un « préjudice grave ». Il a ajouté que les nouvelles mesures étaient au contraire « favorables » à la Norvège et à l’Islande.
Oslo, non membre de l’UE mais qui est étroitement intégrée à son marché unique, craint que ces mesures ne créent un dangereux précédent, exposant le pays à de futurs conflits commerciaux.
« Il s’agit désormais d’une question politique », déclarait la semaine dernière le ministre norvégien des Finances, Jens Stoltenberg, alors qu’il tentait encore d’obtenir une exemption.
Selon les médias norvégiens, lors du vote du Conseil mardi (reporté à deux reprises avant d’être approuvé), la Suède, la Hongrie, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie se sont opposées au paquet, tandis que le Danemark s’est abstenu.
« Il y avait de profonds désaccords avec la Commission sur les mesures à prendre », affirme le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide.
La Commission insiste sur le fait que la question n’est pas politique, un haut fonctionnaire de l’exécutif expliquant qu’il s’agit d’une « évaluation purement économique ».