La stratégie européenne sur la santé mentale doit impliquer tous les acteurs, selon la commissaire à la Santé
La stratégie de l’UE en matière de santé mentale annoncée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sera à l’ordre du jour l’année prochaine, a déclaré le Vice-président de la Commission européenne mardi.
La stratégie de l’UE en matière de santé mentale annoncée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sera à l’ordre du jour l’année prochaine, a déclaré le Vice-président de la Commission européenne Maroš Šefčovič lors d’un débat parlementaire en séance plénière, mardi (18 octobre).
Prévue pour le deuxième trimestre de 2023, la stratégie mentionnée dans le Discours sur l’état de l’Union européenne du 14 septembre sera l’une des nombreuses actions en matière de santé.
« Nous adopterons une approche globale en matière de santé mentale et d’autres initiatives clés qui découleront de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE) », a déclaré le Vice-président de la Commission chargé des Relations interinstitutionnelles et de la Prospective Maroš Šefčovič, faisant référence aux conclusions des citoyens ayant participé à la CoFoE, l’exercice de démocratie participative de l’UE qui s’est déroulé en 2021 et 2022.
Au cours du débat, la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a donné quelques détails supplémentaires sur ce que la stratégie pourrait impliquer, notant que le travail était déjà en cours.
« Tout d’abord, nous devons améliorer notre compréhension des problèmes de santé mentale et donner la priorité à la prévention et à la promotion d’une meilleure santé mentale », a-t-elle déclaré.
Sans donner davantage de précisions, la commissaire a poursuivi en indiquant que les États membres étaient soutenus dans la réforme de leurs systèmes de santé mentale et qu’ils avaient alloué plus de 28 millions d’euros à des actions en faveur de la santé mentale dans le cadre du programme EU4health au cours des trois dernières années.
« Nous devons améliorer l’accès aux soins de santé mentale, qui est l’un des principes du pilier européen des droits sociaux », a-t-elle déclaré.
Depuis de nombreuses années, les problèmes de santé mentale sont en hausse dans plusieurs États membres, mais cette tendance s’est accélérée pendant la pandémie de Covid-19.
Les enfants et les jeunes sont particulièrement touchés par ce phénomène. Selon un rapport non contraignant voté par le Parlement en septembre, entre 10 et 20 % des enfants et des jeunes étaient confrontés à des problèmes de santé mentale avant la pandémie et les multiples confinements, un chiffre qui s’élève aujourd’hui à environ 20-25 %.
En outre, la commissaire européenne a souligné que certains États ont mis l’accent sur la santé mentale via la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), mais elle a ajouté qu’il fallait accorder plus d’attention à cette question dans nos sociétés.
« Nous avons besoin de l’engagement de tous les acteurs de nos sociétés dans la recherche, l’emploi et les médias. Nous devons montrer comment les entreprises, le sport et l’éducation peuvent apporter une contribution constructive. Nous devons travailler avec tous les États membres, les ONG, les professionnels de la santé et le Parlement », a poursuivi Mme Kyriakides, sans toutefois citer d’exemples plus concrets de ce que cela impliquerait.
Dans le débat qui a suivi, les eurodéputés de tous bords politiques se sont accordés sur la nécessité d’agir en matière de santé mentale dans de nombreux aspects de la vie quotidienne.
« Nous devons désespérément comprendre que la santé mentale consiste à être proactif et préventif dans nos soins et ne devrait jamais se concentrer uniquement sur le cycle existant et éprouvant du soutien réactif », a exhorté l’eurodéputée Maria Walsh, s’exprimant au nom du Parti populaire européen (PPE), le groupe politique le plus important au sein du Parlement.
Elle a ajouté que l’initiative devrait promouvoir le bien-être et protéger les droits de ceux qui vivent avec une maladie mentale tout en s’attaquant « à la stigmatisation et à la discrimination auxquelles ils sont confrontés quotidiennement ».
Amiante et handicaps à l’ordre du jour en 2023
Une autre proposition attendue de l’exécutif européen dans le domaine de la santé est la législation sur le dépistage et l’enregistrement de l’amiante dans les bâtiments, prévue pour le deuxième trimestre de 2023.
Cette proposition fait partie d’un paquet de mesures présenté par la Commission en septembre, qui comprenait une communication intitulée « Vers un avenir sans amiante » et une proposition de révision de la directive sur l’amiante au travail, afin que les travailleurs puissent être mieux protégés en réduisant la limite d’exposition à cette substance au travail.
Une autre proposition législative consistera en une « carte européenne du handicap » pour aider les personnes handicapées à accéder à des avantages au-delà des frontières nationales, principalement dans les domaines de la culture, du sport et des transports.
La Commission souhaite également réviser la législation relative à l’évaluation et à l’autorisation des substances chimiques, le règlement REACH (Enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques) en 2023 afin de renforcer la protection de la santé humaine et de l’environnement contre les risques que peuvent présenter les substances chimiques.
La révision de ce cadre législatif a déjà pris beaucoup de retard et, compte tenu de la complexité du sujet, il est presque certain qu’elle sera discutée par les législateurs au cours de la prochaine législature, même si la proposition de l’exécutif était présentée à temps.
Enfin, deux initiatives non législatives ont été incluses. L’une est une révision de la recommandation du Conseil relative aux environnements sans tabac, afin de mieux protéger les citoyens européens face au tabagisme passif et de limiter le tabagisme dans les établissements. L’autre consiste à créer une recommandation du Conseil sur les cancers évitables par la vaccination, tels que les cancers liés au virus du papillome humain (VPH).