La présidence belge du Conseil de l’UE devra se concentrer sur le Green Deal et les droits LGBTQ+, selon une ministre belge
Lors de sa présidence du Conseil de l’UE, la Belgique devra mettre l’accent sur les travaux autour du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) et la protection des droits des LGBTIQ+, a déclaré la ministre belge de la Fonction publique Petra De Sutter lors d’un entretien accordé à Euractiv.
Lors de sa présidence du Conseil de l’UE, la Belgique devra mettre l’accent sur les travaux autour du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) et la protection des droits des personnes LGBTIQ+ pour répondre aux menaces croissantes auxquels font face ces dossiers. C’est ce qu’a déclaré la ministre belge de la Fonction publique Petra De Sutter lors d’un entretien exclusif avec Euractiv en marge du Green Social Summit la semaine dernière.
La Belgique entamera sa 13e présidence du Conseil de l’UE en janvier, succédant à l’Espagne. Elle assurera la dernière présidence tournante avant les élections européennes de juin 2024, raison pour laquelle le pays devra tenter de conclure autant de dossiers législatifs que possible tout en jetant les bases pour la nouvelle Commission et le nouveau Parlement.
Maintenir le cap sur le Green Deal
Selon Mme De Sutter, l’une des priorités pour la Belgique sera d’assurer la poursuite des travaux visant à établir un Green Deal solide.
« Nous parlerons de maintenir le cap sur le Green Deal […]. Pour nous, il est important que la prochaine Commission aille dans la continuité du travail effectué jusqu’ici, et ne prenne pas une direction complètement différente », a-t-elle expliqué.
Alors que des voix s’élèvent au niveau européen et national pour réclamer une pause règlementaire afin de protéger les entreprises, Mme De Sutter estime que ce ralentissement de la transition serait une « terrible erreur » car « chaque euro investi aujourd’hui permettra d’éviter de nombreux euros de dégâts plus tard si nous n’atteignons pas les ambitions fixées ».
« Nous savons que l’UE veut accroître son autonomie et développer sa propre politique industrielle, ce qui est positif, mais nous voulons insister sur le fait que tout cela doit rester aligné avec le Green Deal que la Commission a proposé en 2019 », a-t-elle ajouté.
Selon Mme De Sutter, la Belgique sera en mesure de faire pression en ce sens lors de l’élaboration du programme stratégique quinquennal du Conseil européen, car elle pourra jouer un « rôle actif » en tant que médiateur entre les États membres durant sa présidence.
Dans le même temps, Mme De Sutter affirme que la transition écologique devrait s’accompagner d’une transition sociale, car il s’agit là des « deux faces d’une même pièce ». Il est nécessaire de s’attaquer aux inégalités pour éviter que les victimes du changement climatique ne paient « deux fois le prix », a-t-elle déclaré.
« Les gouvernements doivent impérativement instaurer des politiques sociales fortes pour s’assurer que personne ne soit laissé pour compte […] on ne peut pas parler de politiques écologiques si l’on ne parle pas de politiques sociales », a-t-elle ajouté.
Les droits LGBTQI+ dans tous les domaines politiques
La présidence belge s’est également engagée à défendre les droits des LGBTQI+ dans tous les domaines politiques, même si la question ne figure pas explicitement à l’ordre du jour.
« Ces sujets, qui relèvent principalement des compétences des États membres, ne figureront peut-être pas explicitement à l’ordre du jour, mais je pense que nous devons les aborder dans toutes les politiques que nous élaborrons », a-t-elle expliqué.
Face à la menace qui pèse sur les droits des personnes LGBTQI+ dans plusieurs États membres tels que l’Italie, la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie, Mme De Sutter s’inquiète d’un « ralentissement » et d’une véritable « attaque » contre les droits humains et les droits civils. Elle s’inquiète notamment du fait que certains gouvernements tentent de restreindre les droits par des moyens détournés.
« Je peux dire que lors de plusieurs réunions du Conseil consacrées aux télécommunications, certains États membres ont soudainement voulu rédiger des textes ou modifier des textes pour redéfinir ce qu’est une famille. [Ces attaques] peuvent donc se trouver partout […] et nous ne devrions pas laisser cela se produire », a-t-elle ajouté.
Une préparation « modérée »
Toutefois, cela sera « un défi », reconnaît la ministre belge, soulignant le fait que la Belgique a réduit le budget alloué à la présidence.
A l’origine, 100 millions d’euros étaient réservés dans le budget du gouvernement pour financer la présidence et le pays a déjà procédé à une augmentation de son personnel. Les coûts ont cependant dû être réduits en diminuant le nombre de réunions ministérielles, donnant lieu à un « programme réaliste ».
« Nous avons dû réduire le nombre de réunions informelles et de réunions sur le terrain que nous voulions organiser parce que [chaque ministre] voulait faire beaucoup de choses dans le cadre de son propre portefeuille », a-t-elle expliqué.
« La Belgique n’est pas trop mauvaise pour ce genre de choses. J’espère donc que notre présidence sera couronnée de succès », a-t-elle conclu.