La présidence belge du Conseil de l’UE remet la question du Nutri-Score sur la table

La présidence belge organisera en avril un symposium scientifique sur le Nutri-Score, un étiquetage nutritionnel controversé, rouvrant ainsi le débat entre les États membres qui l’utilisent et ceux qui s’opposent à son adoption au niveau européen.

Euractiv.com
Viersen,,Germany,-,February,9.,2021:,Closeup,Of,Smartphone,Screen
Lancé en France en 2017, le Nutri-Score est un système d’étiquetage avec un code couleur, allant de A-vert, désignant les produits les plus sains, à E-rouge, classant ainsi les aliments en fonction de leur valeur nutritionnelle, calculée sur une portion standard. [[Shutterstock/Ralf Liebhold]]

La présidence belge du Conseil de l’UE organisera en avril un symposium scientifique sur le Nutri-Score, un étiquetage nutritionnel controversé, afin de « partager les expériences », rouvrant ainsi le débat entre les États membres qui l’utilisent et ceux qui s’opposent à son adoption au niveau européen.

L’idée est de faire le point et de « partager les expériences et les différentes perspectives sur un système d’étiquetage volontaire sur le devant de l’emballage déjà introduit dans certains États membres de l’UE », peut-on lire dans le programme de la présidence.

Le symposium, prévu pour le 25 avril, « sera organisé avec des experts », ont indiqué à Euractiv des sources de la présidence.

Lancé en France en 2017, le Nutri-Score est un système d’étiquetage à cinq niveaux, allant de A à E, jumelé à un code couleur (de vert à rouge). Ce système permet de classer les aliments en fonction de leur valeur nutritionnelle, calculée pour une portion standard.

Depuis fin 2023, un nouveau système de calcul s’applique, avec des critères plus stricts pour le lait et les céréales de petit-déjeuner, tandis que ceux pour l’huile d’olive et les autres graisses d’origine végétale seront assouplis.

Dans son plan d’action accompagnant la stratégie phare de l’UE en matière de politique alimentaire « de la ferme à la table » (Farm to Fork), la Commission européenne avait annoncé un étiquetage nutritionnel obligatoire des aliments à l’échelle de l’Union européenne d’ici à la fin 2022.

Selon une étude réalisée par la Commission en 2020, les étiquettes utilisant un code couleur en combinaison avec un indicateur gradué, tel que Nutri-Score, sont celles dont doit s’inspirer un éventuel modèle qui serait adopté à l’échelle de l’UE.

Mais, comme d’autres initiatives visant à « promouvoir une consommation alimentaire plus durable et des régimes alimentaires sains », selon les termes du plan d’action, la proposition législative a été reportée.

Des responsables de la Commission ont déclaré fin 2022 que ce report visait à éviter une polarisation excessive du débat, étant donné que le dossier serait discuté au Parlement européen à l’approche des élections européennes de juin. Depuis lors, le sujet n’est plus à l’ordre du jour.

L’initiative de la présidence belge du Conseil pourrait donc bien remettre le sujet sur la table.

Un système parmi d’autres

Le Nutri-Score s’est révélé être une question très controversée, car le système français n’est que l’un des nombreux systèmes d’étiquetage nutritionnel utilisés en Europe. D’autres exemples sont le label nutritionnel officiel des pays nordiques, le « Nøglehulsmærket» (le « trou de serrure »), ou encore le « Symbole du cœur - Meilleur choix » en Finlande.

La Belgique fait partie de la coalition internationale pour la gouvernance du Nutri-Score, avec cinq autres États membres de l’UE et la Suisse, et tente de rendre le système compatible avec les différentes directives nationales.

L’Italie, qui est le plus fervent opposant au Nutri-Score, propose un système alternatif appelé le NutrInform, représenté par une jauge d’énergie qui indique au consommateur l’apport nutritionnel de l’aliment par rapport aux besoins journaliers, ainsi que le régime alimentaire correct. Lors d’un débat en 2020 entre les ministres de l’Agriculture, Rome a obtenu le soutien de six autres États membres de l’UE.

En novembre 2022, lors de sa première réunion avec ses homologues de l’UE, le ministre italien de l’Agriculture Francesco Lollobrigida a réitéré son opposition à l’adoptiondu Nutri-Score au niveau européen.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]