La présidence hongroise vise l'élargissement de l'UE et de l'espace Schengen

L’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen et l’adhésion de la Croatie à l’UE sont parmi les priorités de la présidence hongroise de l’UE à venir – de concert avec les urgentes questions de gouvernance économique et de la révision du Traité de Lisbonne, a révélé son gouvernement.

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L’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen et l’adhésion de la Croatie à l’UE sont parmi les priorités de la présidence hongroise de l’UE à venir – de concert avec les urgentes questions de gouvernance économique et de la révision du Traité de Lisbonne, a révélé son gouvernement.

L’extension de Schengen est à la tête de l’agenda, ont dit à EURACTIV des représentants à Budapest, en amont de la visite officielle de l’exécutif à la Commission européenne, qui a eu lieu mercredi 17 novembre.

Le jour suivant, le premier ministre hongrois Viktor Orban a dit que les questions « urgentes » concernant la gouvernance économique et le changement dans le traité remplaceraient la diversité culturelle et la gestion de l’eau comme priorités, en raison de la difficile situation économique.

La présidence hongroise de l’UE fera face à la dure tâche de faire avancer les négociations sur ces sujets controversés. « Nous voudrions convaincre les Etats membres de limiter la révision du Traité aux amendements requis par l’Allemagne », a dit M. Orban lors d’une conférence à Paris.

La Hongrie assurera la présidence de l'UE pour la première fois en janvier 2011. Budapest souhaite bien faire, surtout en matière d'élargissement de l'UE, dans la mesure où cela pourrait avoir un impact sur les minorités hongroises assez nombreuses qui vivent en dehors des frontières nationales.

"Séparer les Roms de l'espace Schengen"

L'élargissement de l'espace Schengen pour y inclure la Roumanie et la Bulgarie est en haut de la liste des priorités de l'agenda de la présidence. Toutefois, la date d'admission de mars 2011 pourrait être repoussée, a admis un fonctionnaire du gouvernement hongrois.

Toutefois, la présidence travaillera pour faciliter l'adhésion des deux pays des Balkans du Sud à la zone de libre circulation des citoyens dans l'UE.

"Tous les problèmes techniques ont pratiquement été réglés par les deux candidats", a reconnu le fonctionnaire, soulignant que les considérations politiques comme celles soulevées lors de la crise des Roms cet été devraient rester à l'écart du débat sur l'élargissement de Schengen.

La France, l'Italie et d'autres membres de l'espace Schengen attirent l'attention sur les flux de migration en UE et tentent d'exploiter au maximum les limitations de la liberté de circulation des citoyens stipulées dans les réglementations européennes actuelles.

La Hongrie s'intéresse particulièrement au problème des Roms qui représentent 2 % de sa population totale et pourraient en représenter 4-5 % si les Roms non référencés étaient pris en compte.

En outre, "la plupart des gitans en Roumanie et en Slovaquie se sentent Hongrois", selon Zoltán Kovács, secrétaire d'Etat pour l'administration publique en charge de la communication.

Conformément à ce sentiment, Budapest fera avancer les politiques de l'UE dédiées à l'amélioration des conditions sociales et à l'intégration du peuple Rom en tentant d'utiliser plus judicieusement les financements européens qui ont déjà été alloués à cette question.

Les initiatives de la présidence devraient suivre la publication d'un document de la Commission sur le problème des Roms attendu en avril.

Adhésion de la Croatie

L'adhésion de la Croatie est un autre sujet important pour Budapest. La Hongrie partage une longue frontière avec la Croatie et devrait grandement bénéficier de l'adhésion du pays à l'UE.

Des discussions sont en cours et la Croatie a clôturé la plupart des 35 chapitres de négociations, une condition préalable à l'adhésion. Cependant, il reste du travail, notamment pour calmer l'opposition politique de certains Etats membres.

La Hongrie intensifie déjà ses contacts avec les Pays-Bas, traditionnellement sceptiques à propos de l'élargissement aux pays yougoslaves.

De plus, il est primordial que toutes les décisions pertinentes soient prises avant les élections présidentielles françaises", souligne le fonctionnaire hongrois. Le risque d'interférence politique serait élevé si aucun accord significatif n'était pas conclu en amont des élections françaises prévues pour avril 2012.

Budapest espère pouvoir clôturer tous les chapitres des négociations avec Zagreb avant la fin de sa présidence mi-2011. Le Conseil européen de juin pourrait dès lors décider d'une date d'adhésion pour la Croatie, sans doute en 2013.

La Hongrie souhaite également progresser vers l'adhésion du Monténégro (qui pourrait obtenir le statut de candidat officiel début 2011 si pas avant) et de la Macédoine. L'ouverture officielle des négociations a été mise en suspend à cause d'un conflit sur le nom du pays avec la Grèce.

L'identité hongroise

La présidence de la Hongrie à l'UE sera une occasion pour Budapest d'améliorer la réputation du pays à Bruxelles. La Hongrie fait déjà des efforts pour montrer qu'elle jouera le rôle de "négociateur honnête" au cours des discussions qui auront lieu début 2011, y compris celles sur la modification du Traité de l'UE et l'accord sur les futures perspectives financières de l'UE.

La présidence représentera également une chance pour affirmer l'identité hongroise à l'intérieur et à l'extérieur des frontières.

"Nous voulons que les Hongrois se sentent hongrois", a dit un fonctionnaire du gouvernement. Une série d'évènements culturels sont prévus pour renforcer l'identité nationale.

 Une des premières actions du gouvernement de droite récemment élu fut de faire du 4 juin un jour de commémoration nationale pour rappeler les conditions injustes du Traité de Trianon signé le 4 juin 1920 après la Première Guerre mondiale. La Hongrie a perdu une grande partie de son territoire et de sa population suite à ce Traité.

Environ 1,5 million de personnes d'ethnie hongroise vivent toujours en Roumanie alors que des milliers d'autres vivent en Croatie. Environ un autre million de personnes d'ethnie hongroise sont dispersées en Slovaquie, en Ukraine, en Autriche, en Slovénie et dans d'autres républiques d'ex-Yougoslavie.