La République tchèque appelle l'UE à réagir après les coupes annoncées par Donald Trump dans Radio Free Europe
Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský, prévoit de soulever la question de Radio Free Europe/Radio Liberty lors de la réunion prévue avec ses homologues européens à Bruxelles, après les mesures prises par le président américain Donald Trump pour supprimer le financement de plusieurs médias.
PRAGUE – Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský, a fait savoir qu’il avait l’intention de soulever la question de Radio Free Europe/Radio Liberty lors de la réunion prévue avec ses homologues européens lundi à Bruxelles, après les mesures prises par le président américain Donald Trump pour supprimer le financement de plusieurs médias.
Dimanche, Jan Lipavský a déclaré à la télévision tchèque que l’Europe devrait lancer un débat politique plus large compte tenu de l’importance du média Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) pour le continent, même s’il ne savait pas exactement quelles mesures l’UE pourrait envisager de prendre. Dans un post sur X, le ministre tchèque des Affaires étrangères a écrit qu’il voulait explorer « comment maintenir au moins partiellement » les activités de diffusion de RFE/RL.
Le commentaire du ministre tchèque intervient après que l’administration Trump a mis en congé des journalistes de plusieurs radiodiffuseurs financés par les États-Unis, dont RFE/RL et Voice of America, samedi, après avoir gelé leur financement.
La Maison-Blanche a présenté cette décision comme faisant partie d’un effort visant à réduire la bureaucratie fédérale américaine et à purger la « propagande radicale ». Mais à Prague, siège de RFE/RL, la réaction ne s’est pas fait attendre. Il faut dire que le média a joué un rôle historique important dans l’opposition au régime communiste en Tchécoslovaquie, et dans tout le bloc de l’Est, avant 1989.
Il est dans l’intérêt de l’Europe que cette diffusion se poursuive, a martelé Jan Lipavský, ajoutant que RFE/RL apporte un soutien crucial aux forces démocratiques dans les pays d’Europe de l’Est et d’Asie.
Il a également qualifié RFE/RL de « phare » pour les personnes vivant sous un régime totalitaire.
« De la Biélorussie à l’Iran, de la Russie à l’Afghanistan, RFE et Voice of America font partie des rares sources libres pour les personnes vivant sans liberté », a-t-il publié sur X. Il a aussi souligné le rôle de ces médias pour contrer les récits du Kremlin.
« C’est un cadeau aux ennemis de l’Amérique », a averti le président de RFE/RL, Stephen Capus, dans un article publié samedi. Un sentiment auquel a fait écho le groupe international de défense de la presse Reporters sans frontières, qui a condamné cette décision comme une trahison de l’engagement historique de l’Amérique en faveur de la liberté de la presse.
Les alliés de Donald Trump, dont Kari Lake, conseillère principale de l’Agence américaine pour les médias mondiaux, défendent les coupes, arguant que l’agence est un « géant pourri » qui gaspille l’argent des contribuables. Kari Lake a affirmé que les économies prévues pourraient atteindre 700 millions de dollars d’ici à 2026.
Elon Musk, figure clé de l’administration Trump, a applaudi la décision sur sa plateforme X. Le milliardaire a qualifié les médias soutenus par le gouvernement américain de « fous de gauche radicaux qui se parlent à eux-mêmes ».
L’eurodéputée tchèque de centre-droit Danuše Nerudová a indiqué qu’elle avait l’intention de soulever la question de l’avenir de RFE/RL Parlement européen.