La Roumanie pourrait entrer dans l’espace Schengen
Bucarest pourrait être admise dans l’espace Schengen l’année prochaine si les membres actuels font preuve d’indulgence au sujet des retards dans la mise en application d’une série de critères, selon un groupe de réflexion roumain. Un reportage d’EURACTIV.ro.
Bucarest pourrait être admise dans l’espace Schengen l’année prochaine si les membres actuels font preuve d’indulgence au sujet des retards dans la mise en application d’une série de critères, selon un groupe de réflexion roumain. Un reportage d’EURACTIV.ro.
Le Centre roumain pour les politiques européennes, un groupe de réflexion à Bucarest, a supervisé le travail de l'administration roumaine lors de la préparation à l'accession du pays à Schengen prévue pour mars 2011.
Le rapport de 30 pages qui en a résulté, 'Ready for Schengen? Graduates of indulgence', révèle que quatre des 31 mesures d'application supervisées ne respecterons sans doute pas les dates butoirs définies.
Lorsque la Roumanie rejoindra l’espace Schengen, le pays possèdera la seconde plus grande frontière terrestre parmi les membres du groupe (2070 km) après la frontière séparant la Finlande et la Russie. Le rapport souligne que la frontière roumaine avec l'Ukraine et la Moldavie sera une des plus difficiles à protéger en matière de migration illégale et de trafic.
Les contrôles aux frontières entre la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie disparaîtraient conséquemment à l'accession du pays à l'espace Schengen, met en garde ce rapport.
Un travail toujours en cours
Selon cette étude, le travail a été retardé aux terminaux de l'aéroport international où les passagers se rendant dans des pays faisant partie de l'espace Schengen doivent être séparés des autres.
Selon le rapport, la connexion des postes de police au Système d'information Schengen (SIS) a également pris du retard. Normalement, tous les postes de police doivent être connectés mais seuls les locaux des grandes villes ont installé les terminaux. La formation des agents des forces de l'ordre pour l'utilisation du SIS et l'adaptation de la législation ne sont toujours pas terminées non plus.
Selon Ciprian Ciucu, l'auteur du rapport, rien n'a été fait depuis deux ou trois ans. Il a ajouté que le gouvernement n'avait montré que récemment un engagement plus sérieux s'agissant de satisfaire les exigences.
"Si la note nécessaire pour réussir l'examen est 10 [la meilleure note dans le système éducatif roumain], il est possible que nous ne réussissions pas le test Schengen", explique Ciucu.
Une situation similaire en Bulgarie ?
Selon une évaluation similaire réalisée par le groupe de réflexion bulgare Open Society, sur 48 mesures devant être adoptées au niveau national, cinq n'auraient pas été mises en œuvre ou auraient peu de chance d'être appliquées à temps.
Toutefois, l'esprit de ce rapport diffère de son équivalent roumain et son titre est "La préparation de la Bulgarie pour l'accès à l'espace Schengen se réalise dans les délais".
La chancelière allemande Angela Merkel était à Sofia hier (11 octobre). Interrogée sur la position de son pays concernant l'accès de la Bulgarie à l'espace Schengen, elle a déçu ses hôtes en déclarant qu'elle n'anticiperait pas une décision qui serait prise par les 25 membres de Schengen le mois prochain, a précisé Dnevnik, le partenaire d'EURACTIV en Bulgarie.
Mme Merkel a été claire : les tensions générées par la présence de dizaines de milliers de Roms d'origine bulgare et roumaine dans les pays d'Europe occidentale ne sont pas liées à l'accession de ces pays à l'espace Schengen.
Une décision politique
Toutefois, les tentatives de la Bulgarie et de la Roumanie pour accéder à l’espace Schengen pourraient être minées par des faiblesses persistantes dans le système des forces de l'ordre des deux pays.
La France est particulièrement opposée à l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen tant que le mécanisme de coopération et de vérification destiné à assister les deux pays à surmonter ces faiblesses est toujours en place. En septembre dernier, le MCV a été prolongé d'une année supplémentaire (voir "Background").
"Ce n'est pas uniquement l'opinion de la France. Je pense que le lien implicite que font tous les gouvernement est qu'à partir du moment où les conditions requises par le mécanisme de contrôle ne sont pas complètement réunies, un certain nombre de choses ne sont pas faisables, y compris le contrôle des frontières externes de l'UE. Personne ne le contredit", a déclaré le 13 septembre à Bruxelles Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes.
La levée des barrières de Schengen pour les Bulgares et les Roumains est également perçue comme une mesure politique par les gouvernements des pays.
"Pour Bucarest et Sofia, l'accession à l'espace Schengen en 2011 est surtout un challenge politique assorti d'un impact principalement de nature psychologique et non économique ou social", dit le rapport du groupe de réflexion roumain.
"La qualité de vie des Roumains et des Bulgares ne s'améliorera pas après l'accession à Schengen, mais le fait de pouvoir traverser les frontières terrestres sans devoir arrêter sa voiture pourrait éliminer une partie du complexe de citoyen européen de seconde zone dont peuvent souffrir ces population", ajoute-il.