La Serbie fait un pas décisif vers l'UE
La Serbie a fait un pas en avant hier (14 juin) sur le chemin de l'adhésion à l'Union européenne, les gouvernements de l'UE saluant ses progrès dans la coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
La Serbie a fait un pas en avant hier (14 juin) sur le chemin de l'adhésion à l'Union européenne, les gouvernements de l'UE saluant ses progrès dans la coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
Les ministres des affaires étrangères de l'UE ont convenu lors d'une rencontre au Luxembourg de débuter la mise en œuvre d'un accord avec la Serbie connu sous le nom d'Accord de stabilisation et d'association (ASA), un préalable à toute nouvelle évaluation des perspectives d'adhésion d'un pays.
Cette décision fait suite à une évaluation positive concernant l'assistance apportée par Belgrade au Tribunal pénal international. Elle vient soutenir les efforts de la Serbie visant à mettre fin à son isolement international suite aux guerres qui ont eu lieu après la chute de la Yougoslavie.
La coopération générale se passe bien, a dit le procureur général du tribunal Serge Brammertz aux journalistes après avoir rencontré les ministres.
Il a toutefois rappelé que la capture du commandant serbe bosniaque Ratko Mladi?, qui a été inculpé pour génocide lors du massacre de 1995 dans la ville bosniaque de Srebrenica, où les troupes néerlandaises étaient postées, était un élément primordial de son enquête.
L'évaluation de M. Brammertz selon laquelle l'arrestation de M. Mladi? n'était pas imminente a également persuadé les gouvernements de l'UE d'attendre avant de lancer l'évaluation de la candidature de la Serbie pour rejoindre le bloc lundi.
Il n'y a eu aucune nouvelle positive à propos de l'arrestation, a affirmé le secrétaire britannique aux affaires étrangères William Hague. La Serbie n'a pas encore terminé sa tâche.
La Serbie a formellement déposé sa candidature pour rejoindre l'UE en décembre, mais les gouvernements de l'UE doivent revoir la candidature. Même lorsque les discussions d'adhésion auront commencé, la Serbie devra faire face à des années de préparation qui comprendront des réformes démocratiques et économiques de grande envergure.
La coopération avec les procureurs
Le chemin de Belgrade vers l'UE était bloqué jusqu'à décembre dernier en raison d'une mauvaise coopération avec la cour qui poursuit les responsables des guerres des Balkans qui ont eu lieu dans les années 1990.
Des signes de progrès l'an dernier ont conduit à un dégel des relations de l'UE avec la Serbie. Les gouvernements ont levé les exigences de visas pour les Serbes et ont débloqué un accord commercial au mois de décembre.
L'ASA, une fois ratifié par les parlements des Etats membres de l'UE, donnera à la Serbie un accès supplémentaire au marché, et lui apportera une aide en matière de réformes.
Belgrade sera également en mesure d'établir une liste de l'application des règles de l'UE afin de soutenir sa candidature pour avoir le statut de candidat.
La Serbie est prête à franchir la première étape, a dit le ministre des affaires étrangères finlandais Alexander Stubb aux journalistes avant la rencontre.
L'accord a été initialement signé en 2008 mais a été gelé en raison d'un veto des Néerlandais qui, selon les diplomates, ont levé leur objection lundi.
Ce revirement fait suite aux élections législatives néerlandaises qui ont eu lieu la semaine dernière.
La Serbie dit faire tout ce qu'elle peut pour attraper M. Mladi?, et le vice premier ministre Božidar Djeli? a dit qu'il espérait que la révision de la candidature du pays à l'UE aurait lieu pas plus tard que pendant le second semestre 2010.
Si vous savez où il est trouve [Mladi?], allons l'arrêter, a-t-il dit aux reporters. Personne en Europe ne doute de notre engagement à trouver les fugitifs extradés.
Dans un rapport remis au Conseil de sécurité des Nations unis ce mois-ci, M. Brammertz a dit que la Serbie avait montré des efforts continus de coopération.
Il a affirmé que la coopération de la Serbie pour donner au tribunal accès aux documents, archives et témoins avait été faite à temps et était adéquate. Il a ajouté que le pays devrait opter pour une approche plus rigoureuse pour appréhender les fugitifs.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)