La société croate de transport de pétrole JANAF signe un contrat de 2 ans avec la Serbie
La seule société croate de transport de pétrole, JANAF, a signé un contrat de deux ans avec la compagnie pétrolière serbe NIS, qui appartient principalement au russe Gazprom, pour le transport de pétrole brut vers la Serbie.
La seule société croate de transport de pétrole, JANAF (Jadranski naftovod), a signé un contrat de deux ans avec la compagnie pétrolière serbe NIS (Naftna Industrija Srbije), qui appartient principalement au russe Gazprom, pour le transport de pétrole brut vers la Serbie.
Cette annonce intervient alors que la société JANAF avait précédemment déclaré qu’elle allait suspendre le transport de pétrole en raison du renforcement des restrictions imposées par l’UE aux importations de pétrole russe.
La Serbie, qui est un pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne et l’un des rares pays européens à ne pas avoir participé aux sanctions imposées par l’UE à l’encontre de la Russie, importe tout son pétrole de Russie, dont la moitié environ est transporté par JANAF.
En vertu du contrat signé, qui sera en vigueur pour la période 2023-2024, NIS a réservé la capacité de la société croate pour le transport de 6,2 millions de tonnes de pétrole brut, selon un communiqué de JANAF publié mercredi (21 décembre).
« JANAF a montré à nouveau qu’il garantit la sécurité énergétique dans notre région au sens large. Cela prouve également que JANAF peut fournir un approvisionnement sûr à tous les utilisateurs et dans toutes les conditions de marché », précise le communiqué.
Sanctions européennes
Jusqu’à récemment, la Serbie redoutait que l’opérateur croate JANAF cesse de lui fournir du pétrole, puisque le huitième paquet de sanctions de l’UE a imposé un embargo sur les importations de pétrole brut russe.
JANAF avait en effet annoncé au début de l’année qu’elle cesserait de transporter du pétrole vers la Serbie. Belgrade avait critiqué cette décision en octobre, la qualifiant de « représailles politiques » et de « geste hostile ».
JANAF fournit également du pétrole brut à la Hongrie, qui a récemment demandé à la Croatie et à l’UE à fixer des droits de transit plus favorables pour le transport du pétrole qui arrive dans l’Adriatique par pétroliers et est ensuite transporté par JANAF.
Par ailleurs, Budapest a également demandé à la Croatie d’augmenter la capacité du transporteur JANAF. Zagreb a jugé cette demande non nécessaire, car la capacité actuelle de l’oléoduc est suffisante pour répondre aux besoins de la Hongrie.
Selon les données croates, JANAF a transporté 2,3 millions de tonnes de pétrole brut vers la Hongrie en 2021, mais n’a transporté que 0,95 million de tonnes cette année. De plus, les fonctionnaires croates estiment que Budapest n’a pas exprimé d’intérêt formel à utiliser l’oléoduc à sa pleine capacité.
Le ministre croate de l’Économie, Davor Filipović, a déclaré en début de semaine que la « capacité actuelle de l’oléoduc de JANAF à destination de la Hongrie est de 11,4 millions de tonnes de pétrole, tandis que la capacité de raffinage de la raffinerie en Hongrie est de 8,1 millions de tonnes ».
La capacité annuelle prévue par JANAF est de 34 millions de tonnes de pétrole brut, alors que la capacité installée est de 20 millions de tonnes.
La Hongrie, pour sa part, a accusé la Croatie de « comportement extrêmement injuste », l’accusant d’abuser de la situation de la guerre pour justifier son refus.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]