La « star » de l’extrême droite espagnole Alvise Pérez organise une tombola pour gagner son salaire d’eurodéputé

Alvise Pérez, le leader controversé de la nouvelle formation d’extrême droite espagnole SALF, a organisé une tombola pour déterminer qui gagnera son salaire d’eurodéputé, mais les participants doivent fournir un grand nombre de données personnelles.

/ EFE avec EURACTIV.com
European Parliament’s plenary session in Strasbourg
Le SALF a remporté trois sièges lors des élections européennes du 9 juin, dont celui d’Alvise Pérez, un jeune politicien connu pour son agitation, sa tendance à la contestation et son discours raciste [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Le leader controversé de la nouvelle formation d’extrême droite espagnole SALF, Alvise Pérez, a organisé une tombola pour faire gagner son salaire d’eurodéputé. En contrepartie, les participants doivent fournir un grand nombre de données personnelles, ce qui, selon les experts, serait contraire aux règles nationales et européennes en matière de protection des données.

Alvise Pérez, l’agitateur anti-establishment qui a fondé le parti d’extrême droite Se Acabó la Fiesta (SALF, en français « La fête est finie ») en amont des élections européennes de juin, a remporté un succès inattendu.

Le SALF a obtenu trois sièges au Parlement européen et est actuellement en négociations pour intégrer le groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE). Les CRE, dirigés par Fratelli d’Italia, le parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, devraient annoncer leur position à ce sujet en septembre.

Alvise Pérez est connu en Espagne pour ses messages controversés et incendiaires sur les réseaux sociaux, dans lesquels il dénonce un système « totalement corrompu ». Il a confirmé samedi 10 août qu’il avait déjà reçu son premier salaire d’eurodéputé sur son compte bancaire, un montant de 4 043 euros correspondant à la moitié du mois de juillet.

Une nouvelle polémique

Fidèle à lui-même, Alvise Pérez a annoncé dans une vidéo ironique publiée samedi qu’il regrettait finalement sa décision, annoncée en juin, d’organiser une tombola sur son salaire de député européen de 8 089 euros nets par mois.

« Je viens de recevoir mon salaire de député européen. Dans quelques instants, j’expliquerai dans une vidéo pourquoi j’ai décidé de NE PAS donner mon salaire, et de le garder en réponse à toutes les attaques reçues de la part des journalistes, des partis et des haineux en général », a écrit Alvise Pérez samedi soir.

« Tant d’histoires que j’ai décidé de garder [pour moi] mon salaire public ! » a ajouté l’eurodéputé sur X.

Après les réactions de colère de ses abonnés sur les réseaux sociaux, le conseiller politique de profession, âgé de 34 ans, a publié une deuxième vidéo dans laquelle il expliquait qu’il s’agissait d’une plaisanterie.

« Vous y avez cru, n’est-ce pas ? C’est normal, les hommes politiques nous promettent tout pendant la campagne, nous votons pour eux, et ensuite ils nous laissent en plan comme des chiens », a fustigé le leader du SALF, considéré par de nombreux analystes comme la nouvelle « star » du camp d’extrême droite espagnol (et probablement européen).

Tombola populiste

Après sa nouvelle annonce, une vague de commentaires a déferlé sur les réseaux sociaux. Le leader du SALF a confirmé ce que ses 1 million de followers sur Instagram — et les plus de 800 000 personnes (4,59 %) qui ont voté pour lui aux élections européennes — attendaient depuis plus de deux mois , c’est-à-dire un tirage au sort pour déterminer qui bénéficierait de son salaire.

« Cette vidéo annonce le début officiel du tirage au sort de 100 % de mon salaire, car je ne suis pas un foutu parasite comme tous les autres hommes politiques qui vivent d’un système criminel », a déclaré Alvise Pérez.

Toutefois, la participation au tirage au sort est soumise à conditions. De nombreuses données personnelles telles que le nom, le prénom, l’adresse, le numéro de carte d’identité, le numéro de téléphone, l’adresse électronique et le nom du compte Instagram sont requises.

En outre, les gagnants potentiels du « prix » devront accepter que leurs données soient utilisées « pour une ou plusieurs finalités spécifiques ». Ces finalités n’ont pas encore été divulguées par Alvise Pérez ou le SALF, d’autant qu’elles enfreignent le principe de «transparence totale » que l’eurodéputé lui-même a établi pour son futur travail au Parlement européen.

Certains experts juridiques considèrent que ce transfert de données est « excessif » car il pourrait être contraire à la réglementation espagnole en vigueur, qui garantit la confidentialité et le respect de la vie privée, ainsi qu’au règlement général sur la protection des données (RGPD), la règlementation européenne sur le sujet.

Le « tirage au sort  sera réitéré à la fin de chaque mois où je recevrai mon salaire public de ce système de merde », a signalé le leader du SALF non sans provocation.

[Édité par Anna Martino et Sarah N’tsia]