La Suède contribuera à la défense de l’OTAN sur terre, en mer et dans les airs dès 2025
La Suède fournira des forces terrestres, maritimes et aériennes à l’OTAN dès l’année prochaine, a annoncé le gouvernement suédois lors d’une conférence de presse ce lundi 7 octobre.
La Suède fournira des forces terrestres, maritimes et aériennes à l’OTAN dès l’année prochaine, a annoncé le gouvernement suédois lors d’une conférence de presse ce lundi 7 octobre.
Le gouvernement suédois a présenté son projet de loi sur la « contribution suédoise à la dissuasion et à la défense de l’OTAN en 2025 », qui propose d’envoyer un bataillon en Lettonie, des navires de guerre et des avions dès le début de l’année 2025. Le projet de loi sera probablement adopté dans les semaines à venir.
« Il s’agit d’une décision historique. Pour la première fois en tant qu’allié, nous contribuerons à la défense collective de l’OTAN avec une force armée », a annoncé la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, lors de la conférence de presse.
Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, la Suède et la Finlande ont demandé à adhérer à l’alliance militaire. La Suède a été le dernier pays à rejoindre l’Alliance en mars 2024, mettant fin à 200 ans de non-alignement militaire.
« L’entrée de la Suède dans l’OTAN est l’un des plus grands changements géopolitiques depuis la chute du mur de Berlin », a ajouté la ministre suédoise.
Selon le ministre de la Défense Pål Jonson, Stockholm fournira dans un premier temps environ 600 soldats pour renforcer la présence de l’OTAN en Lettonie.
« L’unité est actuellement en cours de formation », a indiqué le ministre, ajoutant qu’elle sera composée d’officiers et de soldats de métier.
Le gouvernement suédois devra se coordonner avec le Danemark et le Canada pour ce déploiement, car le Danemark envoie également un bataillon pour une durée de six mois, et le Canada dirige les troupes de l’Alliance stationnées en Lettonie en tant que nation-cadre.
Par ailleurs, la Suède fournira des navires de guerre aux forces navales permanentes de l’OTAN, en mettant l’accent sur les capacités de déminage et de surveillance maritime. Ces navires de guerre seront déployés pour une durée maximale de six mois en 2025.
Le ministre de la Défense a précisé que ces navires sont destinés à opérer dans l’Atlantique Nord, en particulier en mer du Nord et en mer Baltique.
Ainsi, en cas d’attaque armée, tant le bataillon en Lettonie que les navires de guerre pourront rester sur place et exécuter les tâches découlant de la planification opérationnelle de l’OTAN.
Enfin, selon le ministre suédois des Infrastructures et du Logement, Andreas Carlson, les avions de combat suédois contribueront également à la surveillance aérienne de l’OTAN.
« La contribution suédoise est prévue pour 2025 et consistera en huit avions de combat et le personnel associé », a précisé le ministre.
Se préparer à une « déterioration de la situation sécuritaire »
Le gouvernement suédois attend l’approbation par le parlement d’un mandat lui permettant de décider de manière autonome de certaines contributions militaires à l’OTAN.
Ce mandat donnerait au gouvernement la capacité de renforcer rapidement les troupes à l’étranger sans attendre l’accord du parlement, à condition toutefois que le plafond préalablement fixé ne soit pas dépassé.
« Le plafond que nous avons fixé est un total de 1 200 soldats, six navires de guerre et jusqu’à 24 avions Gripen », a indiqué Pål Jonson, soulignant que cette flexibilité permet à la Suède « d’agir rapidement et de manière décisive en cas de détérioration de la situation sécuritaire ».
Au début de l’année, le chef des forces de défense suédoises a déclaré que le président russe Vladimir Poutine avait « les yeux rivés » sur l’île suédoise de Gotland, dans la mer Baltique. L’île est stratégiquement située à mi-chemin entre la Suède et l’Estonie, et à seulement 300 km de la base de la flotte russe de la mer Baltique, dans l’enclave de Kaliningrad.
Depuis l’invasion de la Crimée en 2014, et surtout après l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Suède a renforcé la sécurité de l’île, ainsi que ses exercices militaires. En avril 2023, elle a organisé son plus grand exercice militaire sur l’île en 25 ans, avec la participation de troupes polonaises et britanniques.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]