La Suède interdit l’achat de prestations sexuelles en ligne
Le parlement suédois a adopté mardi 20 mai une loi interdisant l’achat de prestations sexuelles destinées à être visionnées en ligne, ce qui affecte des plateformes comme OnlyFans.
Le parlement suédois a adopté mardi 20 mai une loi interdisant l’achat de prestations sexuelles destinées à être visionnées en ligne, ce qui affecte des plateformes comme OnlyFans et leurs créateurs de contenus pour adultes.
En vertu de la nouvelle loi, il sera illégal de payer une personne pour des qu’elle effectue des actes sexuels à distance — par exemple via une vidéo en direct — dans le but que l’acte soit visionné par l’acheteur. Les nouvelles règles criminalisent également le fait de tirer profit ou de promouvoir d’autres personnes qui pratiquent de tels actes contre paiement sur demande.
Si le visionnage et le paiement de contenus préenregistrés restent légaux, la loi vise les interactions en direct et sur commande, qui, selon les législateurs, brouillent les lignes juridiques et éthiques.
« Il s’agit d’une nouvelle forme d’achat de services sexuels, et il est grand temps de moderniser la législation pour y inclure les plateformes numériques », a déclaré la députée sociale-démocrate Teresa Carvalho, après l’adoption du projet de loi.
Certains utilisateurs d’OnlyFans ont critiqué la loi, affirmant qu’elle porte atteinte à leurs moyens de subsistance. Teresa Carvalho a répondu que la loi ne visait pas à cibler les créateurs de contenus pour adultes, mais à protéger les jeunes et les personnes vulnérables. Elle a insisté sur les liens documentés entre l’exploitation en ligne, le trafic d’êtres humains, l’abus de drogues et l’incitation à des formes plus graves de prostitution.
Fondée en 2016, OnlyFans est une plateforme de partage de contenus variés (musique, cuisine, sport), semblable à YouTube ou Twitch — à l’exception qu’il n’y a pas de restriction sur les contenus. Cela a conduit à une forte présence de contenus à caractère sexuel, attirant d’abord des acteurs pornographiques, puis des célébrités de la téléréalité et des particuliers, qui y vendent des contenus pour adultes.
Le projet de loi, proposé par la commission de la Justice du parlement suédois, a reçu le soutien d’une large majorité de députés issus de tous les partis.
Avec cette législation, la Suède se positionne à l’avant-garde de la règlementation du travail sexuel en ligne, dans la droite ligne de sa position plus large de tolérance zéro à l’égard de la prostitution.
En Suède, l’achat d’un acte sexuel est passible d’une peine maximale d’un an de prison, tandis que le proxénétisme est passible d’une peine maximale de quatre ans de prison.
Les nouvelles règles entreront en vigueur le 1er juillet.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]