La Suède veut interdire le chalutage de fond dans ses eaux territoriales
Après la Grèce au mois d’avril, la Suède pourrait être le deuxième pays de l’UE à interdire la pêche de fond dans ses aires marines protégées, une pratique décriée par les ONG pour ses conséquences sur les écosystèmes. Le pays scandinave va même plus loin en voulant l'exclure de l'ensemble de ses eaux nationales.
Après la Grèce au mois d’avril, la Suède pourrait être le deuxième pays de l’UE à interdire la pêche de fond dans ses aires marines protégées, une pratique décriée par les ONG pour ses conséquences sur les écosystèmes. Le pays scandinave va même plus loin en voulant l’exclure de l’ensemble de ses eaux nationales.
« Depuis des décennies, les libéraux se battent pour arrêter les grands chalutiers qui détruisent nos mers et nos stocks de poissons […] Désormais, l’esturgeon, le hareng mais aussi la morue peuvent jouer le long de nos côtes sans que les chalutiers industriels ne les gênent », a déclaré mardi 4 juin sur X la ministre suédoise de l’Environnement Romina Pourmokhtari, après s’être jetée dans la mer Baltique pour fêter le nouveau projet de loi du gouvernement.
En effet, le Premier ministre Ulf Kristersson et ses ministres ont annoncé lors d’une conférence de presse l’intention du gouvernement d’interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées (AMP) et dans l’ensemble des eaux territoriales suédoises (jusqu’à 12 milles nautiques).
Cette méthode de pêche, décriée par les associations environnementales, consiste à traîner de lourds filets sur les fonds marins, endommageant les écosystèmes et libérant du carbone dans les océans.
Alors que la Commission européenne avait enjoint en 2023 les États membres d’éliminer progressivement cette pratique d’ici 2030 dans les aires marines protégées (AMP), l’association Oceana a récemment démontré qu’elle sévissait encore dans 90 % d’entre elles.
Le 16 avril dernier, la Grèce devenait le premier pays de l’UE à interdire la pêche de fond lors de la conférence mondiale « Notre océan », d’abord dans les parcs marins nationaux « d’ici 2026 », puis « dans toutes les aires marines protégées d’ici 2030. La Suède est le deuxième pays à prendre cette voie, lequel va plus loin en excluant les chalutiers de toutes les eaux nationales.
La Suède fait partie des grandes puissances de pêche européenne, avec 127 chalutiers pratiquant la pêche de fond dans 11 % des 2179 aires marines protégées du pays, selon un rapport de l’ONG française Bloom.
« Nous ne pouvons plus qu’espérer que les stocks parviendront à se reconstituer », a ajouté la ministre Romina Pourmokhtari qui a également expliqué travailler « par le biais de consultations avec la Commission et les États membres », à généraliser ces mesures dans l’UE.
« Le vent tourne et les dirigeants européens doivent se joindre au mouvement pour restaurer la vie marine, les pêcheries à faible impact et les communautés côtières », a réagi de son côté l’association Transform Bottom Trawling Coalition sur X.
Contacté par Euractiv, l’association European Bottom Fisheries Alliance (EBFA), qui représente le secteur de la pêche en Europe, regrette l’interdiction de ces pratiques « parfaitement réglementées« . Elle rappelle en outre que le Conseil, soutenu par la Grèce et la Suède, avait désavoué les orientations de la Commission européenne sur la fin de la pêche de fond.
« L’EBFA demande une stratégie européenne de protection de l’environnement qui donne la priorité à l’innovation et aux pratiques durables plutôt qu’à l’élimination pure et simple de la pêche responsable », ajoute l’organisme.