La Turquie ferme les yeux sur le projet de mur à la frontière grecque

Les premiers ministres grec et turc ont exprimé leur solidarité dans la lutte contre le problème de l'immigration clandestine après l'annonce du gouvernement grec de projets visant à ériger un mur pour fermer une partie de sa frontière.

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Les premiers ministres grec et turc ont exprimé leur solidarité dans la lutte contre le problème de l'immigration clandestine après l'annonce du gouvernement grec de projets visant à ériger un mur pour fermer une partie de sa frontière.

« Nous accordons une grande importance à notre collaboration avec la Turquie sur la question de l'immigration clandestine », a expliqué le premier ministre grec, George Papandreou, lors d'une conférence de presse conjointe qui s’est tenue vendredi (7 janvier) à l'est de la Turquie dans la ville d'Erzurum.

La Grèce a déclaré cette semaine qu'elle avait l'intention d'ériger une barrière le long de la frontière qu'elle partage avec la Turquie dans la mesure où selon les Grecs, la Turquie n'en fait pas assez pour enrayer le flux de migrants clandestins.

Le premier ministre turc, Tayyip Erdo?an, a minimisé l'importance de cette barrière qui ne couvrira que 12,5 des 206 km de frontière.

« Il ne s'agit pas d'une mesure contre la Turquie ou la Grèce », a précisé M. Erdo?an. « Il ne faut pas voir cela comme un mur. Nous nous faisons totalement confiance sur ce point ».

M. Erdo?an a expliqué que sa vision du problème avait changé après que M. Papandréou lui a dit que la Grèce comptait un million d'immigrants clandestins.

Athènes s'est longtemps plainte du refus d'Ankara de reprendre les immigrants qui passaient par son territoire, ce qui les encouragerait à utiliser cet itinéraire.

M. Papandréou a réaffirmé son désir de voir la Turquie adhérer à l'Union européenne et il a déclaré qu'il tenterait de contribuer au déblocage du processus, notamment concernant l'île divisée de Chypre.

« Nous devons résoudre les problèmes qui retardent l’entrée de la Turquie dans l’UE, sans quoi le processus restera dans l'impasse », a déclaré M. Papandréou devant une réunion d’ambassadeurs turcs à Erzurum quelques minutes avant la conférence de presse.

Chypre est un membre de l’UE gouverné par un gouvernement gréco-chypriote, alors que dans le nord, une enclave dissidente turque uniquement reconnue par la Turquie fait l’objet d’un embargo de l’UE.

La Turquie a soutenu les efforts visant à réunifier Chypre, mais le manque de progrès a contrecarré la promesse faite par l’UE à la Turquie.

Violations de l’espace aérien

Après avoir exprimé sa frustration au sujet de l’UE, M. Erdo?an s’est lancé dans un discours vantant les avancées réalisées pour améliorer les relations de la Turquie avec la Grèce.

Les deux pays membres de l’OTAN sont entrés en guerre en 1996 au sujet d’une île inhabitée et sont en conflit territorial dans la mer Égée.

Mais au cours des dernières années, ils ont entrepris des mesures pour mettre en place des conférences, dont plusieurs concernant leurs forces armées.

« Nos deux pays ont la volonté de rétablir la paix dans la mer Égée et dans la Méditerranée », a affirmé M. Erdo?an, qui marchait hier au bras du premier ministre grec à Erzurum, où ils ont assisté à une cérémonie d’ouverture concernant les installations des Universiades d’hiver.

M. Papandréou a toutefois amèrement rappelé les violations de l’espace aérien grec par les avions militaires turques.

« Nous avons lutté pendant des années pour construire la confiance, mais il suffit de peu pour ruiner tous ces efforts » a-t-il dit.

(EURACTIV avec Reuter. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)