La zone euro fait pression sur la Grèce
Les ministres des finances de la zone euro ont augmenté la pression exercée sur Athènes pour qu'elle mette de l'ordre dans ses finances publiques hier (19 juin) : l'adoption au parlement d’un programme d'austérité, très impopulaire auprès des Grecs, a été déclarée condition préalable au versement de la tranche d'aide de 12 milliards d'euros.
Les ministres des finances de la zone euro ont augmenté la pression exercée sur Athènes pour qu'elle mette de l'ordre dans ses finances publiques hier (19 juin) : l'adoption au parlement d’un programme d'austérité, très impopulaire auprès des Grecs, a été déclarée condition préalable au versement de la tranche d'aide de 12 milliards d'euros.
« Nous dépendons beaucoup du passage de toutes les lois au parlement grec » a confié Jean-Claude Juncker, qui a présidé la réunion à Luxembourg dimanche soir.
Le vote du plan d’austérité au parlement grec a été fixé fin juin, et la décision de délivrer la tranche d’aide de 12 millions d’euros ou non sera prise ensuite, a-t-il ajouté, avant de préciser : « Nous ne pouvons pas nous prononcer avant de savoir si le parlement grec[…] va approuver les engagements pris par la Grèce [envers l’UE et l’IMF] ».
Le paiement, qui devait être effectué cette année, dans le cadre du plan de sauvetage de l’UE et de l’IMF accordé l’année dernière, devait maintenir Athènes à flot jusqu’à septembre. Sans cette aide internationale, la Grèce pourrait déjà être en défaut de paiement en juillet, lorsque ses obligations arriveront à échéance.
Evangelos Venizelos, le nouveau ministre grec des finances, a déclaré être venu à Luxembourg pour réitérer son « engagement ferme » pour le programme d’austérité. L’Eurogroupe a renouvelé son souhait que l’opposition conservative du pays soutienne le programme.
Nouveau renflouement
L’UE et le Fonds monétaire international ont exigé un plan d’austérité en échange d’un nouveau sauvetage à hauteur de 120 milliards d’euros, dont la Grèce, exclue de fait des marchés des taux d’intérêt, aura besoin pour payer ses factures jusqu’en 2014.
La moitié de la somme devrait venir de l’UE et du FMI, les principaux bailleurs de fonds internationaux de la Grèce et le reste devrait provenir de la vente d’entreprises publiques et d’un nouveau plan de mesures d’austérité de 6,5 millions d’euros pour la seule année 2011.
Toutefois, des désaccords quant à la participation du secteur privé ont conduit les ministres des finances à repousser leur approbation du second sauvetage à leur prochaine réunion, le 11 juillet prochain.
Le sujet sera également à l’ordre du jour lors du sommet des dirigeants de l’UE jeudi et vendredi (23 et 24 juin).
« Il faut que ce soit clair : le risque ne sera pas endossé uniquement et unilatéralement par les contribuables » a affirmé Wolfgang Schaüble, ministre allemand des finances, après la réunion.
Bien qu’il ait admis que la contribution du secteur privé serait faite sur la base du volontariat, M. Schaüble est allé dans le sens des autres ministres, en disant qu’elle devrait être « significative ».
« Nous avons progressé au sujet de la participation du secteur privé, qui se fera sur la base du volontariat », a affirmé Didier Reynders, ministre belge des finances. « Les négociations avec les départements du Trésor des différents États vont maintenant commencer, pour voir comment obtenir une participation significative du secteur privé par le biais de roll-over ».
L’austérité pour éviter une « faillite catastrophique »
George Papandreou, le premier ministre grec, a dans le même temps demandé au parlement de son pays de soutenir les réformes d’austérité, particulièrement impopulaires, pour éviter une faillite catastrophique.
Dans son adresse au parlement, dimanche, lors du débat sur le vote de confiance sur son nouveau gouvernement de crise, le premier ministre a dit : « Les conséquences d’une violente faillite ou d’une sortie de l’euro auraient des répercussions immédiates catastrophiques sur les ménages, les banques et la crédibilité du pays ».
Il a remanié son gouvernement vendredi pour calmer les contestations au sein du parti au pouvoir, après le départ de trois députés, et après que des semaines de manifestations ont menacé le plan sur cinq ans d’augmentation d’impôts, de privatisations et de limitations budgétaires conclu avec les créanciers internationaux.
Antonis Samaras, principal leader de l’opposition, a demandé à M. Papandreou qu'il démissionne pour ouvrir la voie à des élections anticipées et à une renégociation du plan de sauvetage.
Le premier ministre a, de son côté, appelé l’opposition à « arrêter les disputes en ce moment critique, à arrêter de renvoyer l’image d’un pays déchiré ».
Outre la demande de privatisation des entreprises publiques pour lever 50 mille milliards d’euros d’ici 2015, le plan prévoit 6,5 mille milliards d’euros de consolidation budgétaires pour 2011, ce qui revient à presque doubler les mesures d’austérité ayant déjà mené le chômage à des sommets et entraîné le pays dans une troisième année de récession.
EURACTIV avec Reuters
Article traduit de l'anglais par EURACTIV