La zone euro repousse le versement de l'aide à la Grèce et accepte les garanties exigées par la Finlande
Les ministres des finances des 17 Etats de la zone euro ont accepté lundi (3 octobre) les garanties exigées par la Finlande en échange du renflouement de la Grèce, mais ils ont reporté à plus tard la décision concernant le versement de la prochaine tranche d'aide. Ils attendent en effet qu'Athènes consente à davantage privatiser ses biens publics afin de renflouer ses coffres.
Les ministres des finances des 17 Etats de la zone euro ont accepté lundi (3 octobre) les garanties exigées par la Finlande en échange du renflouement de la Grèce, mais ils ont reporté à plus tard la décision concernant le versement de la prochaine tranche d'aide. Ils attendent en effet qu'Athènes consente à davantage privatiser ses biens publics afin de renflouer ses coffres.
En réunion à Luxembourg, les ministres des finances ont reporté leur décision sur le versement de la prochaine tranche de prêt à Athènes, dans le cadre du programme de renflouement de 110 milliards d'euros conclu en 2010.
La Grèce n'aura pas besoin d'aide avant la mi-novembre, a annoncé Didier Reynders, le ministre belge des finances, après la réunion de l'Eurogroupe qui s'est terminée tard ce lundi. « La Grèce n'aura pas besoin de financement pour éviter la faillite avant la deuxième semaine de novembre. Il n'y a pas besoin d'une décision maintenant », a-t-il déclaré, selon Reuters.
Jean-Claude Juncker, le ministre luxembourgeois des finances qui préside les réunions de l'Eurogroupe, a affirmé que les nouvelles mesures d'austérité adoptées par la Grèce au cours du week-end avaient été saluées. « Ces mesures contribueront au respect des objectifs convenus pour 2011 et 2012 », a dit M. Juncker à la presse après la réunion. « Nous demandons une législation et une entrée en vigueur rapide de ces mesures ».
M. Juncker a toutefois insisté sur le fait que davantage d'efforts seraient nécessaires. « Nous appelons également le gouvernement grec à se mettre d'accord avec la troïka afin que des consultations supplémentaires remplissent un quelconque vide [budgétaire] d'ici 2014 ».
Dérapage budgétaire
La Grèce a effrayé les marchés lundi lorsque son gouvernement a admis qu'il ne pourrait pas atteindre ses objectifs budgétaires cette année et a décidé de mettre en place de nouvelles mesures d'austérité afin de pouvoir atteindre un nouvel objectif établi pour 2012.
La dette de la Grèce devrait atteindre près de 173 % de son PIB l'an prochain, contre 162 % en 2011, selon le projet de budget. Néanmoins, les difficiles mesures d'austérité adoptées par le pays en échange de l'aide de l'UE et du FMI ont compliqué la tâche du gouvernement, s'agissant de trouver de nouvelles sources de recettes fiscales pouvant remettre les finances nationales sur les rails.
La croissance est un facteur clé pour déterminer si cette dette est soutenable ou si le pays devra passer en défaut de paiement, et les analystes affirment que le dérapage budgétaire de 2011 risque de compliquer les discussions en cours sur le second renflouement.
« Dans le débat politique en Allemagne, ceci sera probablement utilisé pour demander la renégociation de l'ensemble du plan de sauvetage et une plus grande participation des investisseurs privés », a expliqué Holger Schmieding, économiste chez Berenberg Bank.
Si la « troïka », les bailleurs de fonds internationaux de la Grèce, conclut dans son rapport qui sera publié ce mois-ci que la récession sera pire que prévue, les représentants de l'UE ont laissé entendre que les banques, qui ont accepté une décote de 21 % de leurs titres de dette grecque en juillet, pourraient être forcées à enregistrer des pertes encore plus lourdes.
Les garanties exigées par la Finlande acceptées
Malgré ce climat morose, les ministres des finances ont avancé sur la question délicate des garanties qu'exigeait la Finlande en échange de sa participation au renflouement de la Grèce.
« Les collatéraux limitent de façon efficace et exhaustive les risques qui pèsent sur les contribuables finlandais dans le cadre de la nouvelle aide à la Grèce », a déclaré le gouvernement finlandais dans un communiqué lundi (3 octobre). « Les collatéraux seront mis en place progressivement grâce à des dépôts sur un compte séparé dans lequel ils seront intégralement investis en obligations AAA sûres ».
Le gouvernement finlandais a affirmé que ce type de sécurité serait disponible pour tous les pays de la zone euro en principe. Toutefois, cette décision pourrait bien entraîner un retour de bâton, dans la mesure où d'autres pays, comme la Slovaquie, pourraient être tentés d'introduire le même genre de réclamations.
Des effets de levier envisagés
Dans le même temps, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré que des effets de levier étaient envisagés pour renforcer la capacité du FESF, le fonds de sauvetage de la zone euro.
« Nous sommes en train d'étudier les options pour optimiser l'utilisation du FESF afin d'en tirer le maximum et le rendre plus efficace dans son rôle de pare-feu financier pour contenir la contagion. L'effet de levier est une des options », a-t-il dit à la presse.
« […] nous en discuterons avec les ministres […] Il y a des options qui impliquent la BCE et d'autres, non. Nous en discuterons aujourd'hui ».
EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet