EXCLUSIF : L’accord commercial UE-Inde exclura l’agriculture, selon Ursula von der Leyen
L’UE s’apprête à conclure, d’ici la fin du mois, un accord de libre-échange avec l’Inde qui exclura le secteur agricole, a indiqué mercredi 14 janvier la présidente de la Commission européenne lors d’une réunion à huis clos avec des députés européens de son groupe politique.
Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen, António Costa, se rendront en Inde le 27 janvier afin de signer l’accord avec le Premier ministre indien Narendra Modi.
Selon des sources présentes lors d’une réunion du groupe du Parti populaire européen (PPE, centre droit), la présidente de la Commission a précisé que l’accord serait « sans agriculture ».
Elle a également présenté l’accord à venir comme un « signal fort » pour les relations commerciales entre l’UE et l’Inde, soulignant qu’il avait toujours été « clair dès le départ » que l’agriculture ne ferait pas partie du compromis final.
Cet accord serait le plus important jamais conclu par l’UE, ouvrant l’accès à un marché représentant environ 25 % de la population mondiale.
L’agriculture est un sujet sensible à New Delhi, 44 % de la main-d’œuvre indienne étant employée dans ce secteur, ce qui rend très controversé l’accès de l’UE à ses marchés alimentaires.
Bruxelles avait déjà confirmé que certains produits agricoles seraient exclus des négociations, notamment les produits laitiers et le sucre. Toutefois, il semble que tous les produits alimentaires et les boissons ne seront pas exclus.
Selon un responsable de l’UE, Sabine Weyand, directrice générale du commerce au sein de la Commission européenne, a expliqué ce mercredi matin aux ambassadeurs de l’UE que le paquet convenu sur les droits de douane agricoles privilégie les intérêts défensifs des deux parties.
Toutefois, elle aurait ajouté que Bruxelles était parvenue à un accord avec New Delhi sur la réduction des droits de douane de 150 % sur les vins et spiritueux européens, poursuit ce même responsable.
Par ailleurs, les protections accordées aux produits alimentaires traditionnels européens, connues sous le nom d’indications géographiques, ne feront pas partie de l’accord.