L’Allemagne renforce les aides d’État à l’industrie sidérurgique
Le gouvernement allemand aidera le géant de l’acier ThyssenKrupp dans sa transition écologique et est convaincu que la Commission européenne jouera le jeu, a déclaré le ministre de l’Économie Robert Habeck aux sidérurgistes lors d’un rassemblement syndical.
Le gouvernement allemand aidera le géant de l’acier ThyssenKrupp dans sa transition écologique et est convaincu que la Commission européenne jouera le jeu, a déclaré le ministre de l’Économie Robert Habeck aux sidérurgistes lors d’un rassemblement syndical à Duisbourg mercredi (14 juin).
ThyssenKrupp, le plus grand producteur d’acier d’Allemagne, souhaite ouvrir une nouvelle usine à Duisbourg en 2026 et utiliser l’hydrogène pour réduire les émissions de carbone.
Le gouvernement fédéral espère contribuer au projet à hauteur de 1,3 milliard d’euros. Toutefois, les subventions doivent encore être approuvées par la Commission européenne.
« Nous y parviendrons dans le courant de l’été », a promis M. Habeck lors du rassemblement, affirmant que les discussions avec la Commission se rapprochaient d’un accord.
« Je ferai tout ce qu’il faut pour que tous les sites de l’industrie sidérurgique en Allemagne puissent être préservés en passant au vert », a déclaré M. Habeck aux travailleurs de l’acier lors d’un rassemblement syndical à Duisbourg. L’industrie devra se réformer pour survivre, a-t-il affirmé, mais « pas ailleurs, ici ! »
Dans le passé, les gouvernements allemands avaient tendance à être sceptiques à l’égard des aides d’État, mais sous la direction de M. Habeck, l’Allemagne s’est rapprochée du modèle français, plus interventionniste en matière de politique industrielle. Il y a deux semaines, il a lancé un système de « contrats d’écart compensatoire » pour le carbone, d’une valeur de plusieurs milliards d’euros.
S’il est approuvé par la Commission, ce programme permettra aux entreprises allemandes de solliciter un financement public pour soutenir la décarbonation des processus de production.
L’approche plus active de M. Habeck est également une réponse à une période difficile pour le secteur industriel en Allemagne.
Les entreprises se plaignent de la hausse des prix de l’énergie qui a entraîné une augmentation des coûts de production, ce qui suscite des craintes quant à la compétitivité des entreprises allemandes et à l’emploi.
Une étude récente de la Fédération des entreprises allemandes (BDI) montre que plusieurs entreprises délocalisent une partie de leurs activités à l’étranger.
La transition vers des processus de production neutres en carbone devrait encore augmenter les coûts, en particulier pour les producteurs d’acier.
Les syndicats demandent donc au ministère de l’Économie de débloquer rapidement des aides afin de protéger les investissements et les emplois.
« Notre avenir écologique est menacé. Le gouvernement fédéral et l’UE ne font que se renvoyer la balle. Cela doit cesser », a demandé Tekin Nisakkol, président du comité d’entreprise de ThyssenKrupp Europe, lors du rassemblement de mercredi.