L’amnistie et l’autodétermination sont « essentielles » pour résoudre le conflit avec Madrid, selon le leader catalan

L’amnistie et l’autodétermination sont essentielles pour que la Catalogne puisse faire des progrès substantiels dans la résolution du conflit qui l’oppose au gouvernement central espagnol, a prévenu lundi le Premier ministre catalan Pere Aragonès.

EFE avec EURACTIV.com
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M. Aragonès a demandé « que l’on progresse dans la résolution du conflit politique autour d’une solution pleinement démocratique afin que cet événement [en France] devienne un événement de normalité démocratique, nous demandons plus que jamais l’amnistie et l’autodétermination ». [[EPA-EFE/MARISCAL]]

L’amnistie et l’autodétermination sont essentielles pour que la Catalogne puisse faire des progrès substantiels dans la résolution du conflit qui l’oppose au gouvernement central espagnol, a prévenu lundi (21 août) le Premier ministre catalan Pere Aragonès lors d’un événement auquel participait le dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont.

Lors d’un événement organisé à l’abbaye de Sant Miquel de Cuixà, à Codalet (France), le chef du gouvernement régional indépendantiste de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) a rappelé qu’« il y a un conflit politique en attente de résolution ».

Il a souligné que cela n’était pas dû à la répression, mais plutôt au refus de l’État espagnol de reconnaître le droit de la Catalogne à décider de son avenir, ont rapporté EFE et le quotidien régional El Periódico de Cataluña.

M. Aragonès a demandé « que l’on progresse dans la résolution du conflit politique autour d’une solution pleinement démocratique afin que cet événement [en France] devienne un événement de normalité démocratique, nous demandons plus que jamais l’amnistie et l’autodétermination ».

L’événement, organisé par l’Université d’été de Catalogne pour commémorer les 50 ans de la mort du violoncelliste et compositeur espagnol Pau Casals (1876-1973), a vu la participation des anciens présidents de la Generalitat Carles Puigdemont — fugitif de la justice espagnole — Quim Torra, Jordi Pujol et José Montilla.

Dans son discours, M. Puigdemont, le leader du parti indépendantiste JuntsXCat, a assuré qu’il ne cherchait pas de « solutions » à sa situation — il pourrait être extradé vers l’Espagne — mais qu’il explorait plutôt les moyens de résoudre le conflit politique de longue date en Catalogne.

Après les élections générales anticipées du 23 juillet, la clé d’un nouveau gouvernement progressiste en Espagne est entre les mains des sept députés de JuntsXCat, mais M. Puigdemont a posé plusieurs conditions pour soutenir le candidat socialiste et Premier ministre par intérim, Pedro Sánchez.

« Je suis catalan »

Dans son intervention, l’ancien président de la Generalitat a fait référence à un discours prononcé par Pau Casals devant l’Assemblée générale des Nations unies en octobre 1971.

Cette année-là, M. Casals avait donné un concert au siège de l’ONU à New York, où il avait reçu la médaille de la paix. Avec émotion, il prononça quelques mots de remerciement dans un anglais improvisé, dans lequel il dit : « Je suis catalan, [la Catalogne] est aujourd’hui une province de l’Espagne. Mais qu’a été la Catalogne ? La Catalogne a été la plus grande nation du monde », avait rapporté La Vanguardia.

« Il a fait ce discours parce qu’il pensait qu’il devait contribuer à la nation », a déclaré M. Puigdemont.

« Lorsque nous demandons que le catalan soit une langue de l’Europe, une langue vivante au même titre que les autres, nous le faisons dans la même ligne que les générations qui nous ont précédés, mais en pensant aux autres et pas seulement à nous-mêmes, de la même manière que Pau Casals, sans chercher une issue personnelle », a souligné M. Puigdemont. Il a également ajouté que les forces indépendantistes catalanes ont « le droit de faire de même ».

Ses propos ont également fait indirectement référence à l’hypothèse d’un éventuel pardon de la part d’un futur gouvernement progressiste en Espagne, formé par le parti socialiste (PSOE/S&D) et le bloc de gauche Sumar, parmi d’autres exigences de JuntsXCat — dont l’amnistie et l’autodétermination — pour voter en faveur d’une nouvelle investiture de Pedro Sánchez.

Carles Puigdemont réside dans la ville belge de Waterloo, près de Bruxelles, où il a fui la justice espagnole le 30 octobre 2017 après une déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne ratée — et illégale — et après avoir été destitué par l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy (PP/PPE).

C’était la première fois que M. Puigdemont apparaissait en public en France après que le Tribunal général de l’Union européenne a levé le 5 juillet son immunité d’eurodéputé, une mesure qui pourrait désormais mener à un nouveau mandat d’arrêt européen contre lui, émis par le juge de la Haute Cour espagnole Pablo Llarena, pour les délits de détournement de fonds et de désobéissance.