L’autoroute Sofia-Thessalonique deviendra un parcours test pour les véhicules autonomes
La Bulgarie et la Grèce jettent les bases du développement de la mobilité autonome dans les Balkans grâce à un projet qui prévoit l’installation d’infrastructures 5G le long de la route Sofia-Thessalonique d’ici 2025 afin de faciliter l’utilisation de véhicules autonomes.
La Bulgarie et la Grèce jettent les bases du développement de la mobilité autonome dans les Balkans grâce à un projet soutenu en partie par l’UE qui prévoit l’installation d’infrastructures de communication 5G le long de la route Sofia-Thessalonique d’ici 2025 afin de faciliter l’utilisation de véhicules autonomes.
Le projet permettra de suivre les camions, tandis que le développement du réseau permettra de tester en conditions réelles des véhicules autonomes, à savoir les véhicules capables de se déplacer sans chauffeur le long d’un itinéraire déterminé.
La moitié de l’investissement de 11 millions d’euros pour le corridor 5G Sofia-Thessalonique est fournie par la Commission européenne, et le reste proviendra d’investissements privés d’un opérateur mobile bulgare et un grec, a confié Zlatina Nikolova, vice-ministre des Transports et des Technologies de l’information, à EURACTIV lors d’un entretien.
En 2018, la Bulgarie, la Grèce et la Serbie ont signé un accord commun pour développer des corridors 5G transfrontaliers expérimentaux, afin de tester des voitures autonomes. L’idée était de faire en sorte que le réseau permette même aux voitures sans conducteur de franchir les contrôles aux frontières.
En 2022, le projet a démarré, mais sans la participation de la Serbie. « L’objectif du projet est de relier Sofia à la ville portuaire grecque de Thessalonique pour développer la mobilité autonome le long des principaux couloirs de transport des Balkans », a expliqué Mme Nikolova.
La frontière extérieure de la Bulgarie avec la Turquie est la plus fréquentée de l’Union, suivie par celle de la Bulgarie avec la Grèce, au niveau de Kulata-Promahon. Cependant, la Bulgarie n’est pas encore membre de l’espace Schengen, et ce poste de frontière reste un goulot d’étranglement pour le transport routier.
« Il n’y avait pas beaucoup de projets européens qui offraient des opportunités similaires. Avec le soutien actif du gouvernement, un opérateur bulgare et un opérateur grec ont commencé à travailler ensemble sur ce projet et ont reçu une très bonne évaluation de la part de la Commission européenne. Le contrat a été signé l’année dernière, et nous espérons que cela continuera avec des corridors de transport vers d’autres pays voisins », a déclaré Mme Nikolova.
L’itinéraire entre Sofia et Thessalonique sera opérationnel lorsque les opérateurs bulgares et grecs connecteront leurs réseaux, ce qui permettra de continuer à suivre les marchandises même après la traversée de la frontière par le camion.
Toutes les données enregistrées par l’opérateur bulgare sur les camions seront automatiquement transférées en Grèce via un réseau mobile 5G, comme pour les téléphones portables.
« Il s’agit de l’un des premiers projets de ce type financés par la Commission européenne. La Commission finance au total trois projets de ce type en Europe. L’idée est que le développement de la mobilité autonome réduira les accidents, l’empreinte carbone et augmentera la sécurité des approvisionnements », explique Mme Nikolova, ajoutant que la Bulgarie est l’un des pays qui jettent les bases de la mobilité autonome.
« Il ne faut pas oublier que la Bulgarie est un pays frontalier, et qu’une grande partie du trafic de marchandises à destination de l’UE passe par notre territoire », précise-t-elle.
Le gouvernement bulgare a déjà des idées pour développer des corridors numériques similaires le long des routes principales vers la Roumanie et la Turquie, pour lesquels les opérateurs de téléphonie mobile souhaitent également investir.
Selon les données du gouvernement, la Bulgarie a commencé à développer son réseau 5G en 2020 et celui-ci couvre déjà plus de 50 % de sa population. Cela signifie que 300 villes et villages du pays ont accès à la 5G, tandis que le gouvernement se concentre sur l’utilisation de la technologie le long des corridors de transport.
Dans l’Union européenne, un cadre juridique pour les véhicules entièrement automatisés dotés de fonctions de conduite autonome a été finalisé en juillet 2022 grâce à une adaptation du règlement sur le certificat de conformité, qui a été élargi pour inclure les véhicules entièrement automatisés.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]