L’avortement restera illégal et sanctionné à Malte
Le Premier ministre maltais a confirmé que l’avortement resterait illégal à Malte et que toute personne qui abuserait de la nouvelle législation permettant aux femmes enceintes de recevoir un traitement médical même si dernier peut entraîner une interruption de grossesse s’exposerait à des sanctions.
Le Premier ministre maltais Robert Abela a confirmé que l’avortement resterait illégal à Malte et que toute personne qui abuserait de la nouvelle législation permettant aux femmes enceintes de recevoir un traitement médical même si ce dernier peut entraîner une interruption de grossesse s’exposerait à des sanctions juridiques.
Malte dispose d’une des législations les plus restrictives au monde en matière d’avortement, la procédure constituant une infraction pénale en toutes circonstances, y compris en cas de viol, d’inceste ou encore si la vie de la mère est en danger.
Mais suite à une affaire récente où une touriste américaine en voyage à Malte s’est vu refuser un avortement indispensable à sa survie et a dû être évacuée vers l’Espagne, le gouvernement a déposé un nouvel amendement à la loi qui offrirait davantage de protection aux mères.
Mais Robert Abela a tenu à préciser que les nouveaux amendements ne peuvent pas faire l’objet d’abus et qu’ils ne doivent pas être considérés comme une passerelle vers l’avortement légal.
« L’amendement ne légalisera pas l’avortement. Il est décevant que certains tentent de justifier leur opposition à cet amendement en déformant les faits. Ils ont tout à fait le droit de s’y opposer, mais pas de susciter la peur. Déformer les faits, c’est desservir le public. »
Il a toutefois averti que « quiconque abuse de ces amendements enfreindrait la loi existante » et ferait face à des poursuites, insistant sur le fait que l’avortement reste illégal.
« Dans la pratique, la vie de la future mère et sa santé sont déjà préservées d’un grave danger. La seule chose qui va changer, c’est la sécurité face aux procédures législatives », a-t-il ajouté.
Le projet de loi a été adopté en première lecture la semaine dernière et sera soumis à une seconde lecture lundi (28 novembre). Le parti travailliste au pouvoir dans le pays dispose d’une majorité, et il ne fait aucun doute que la mesure sera adoptée.
Cependant, l’Église catholique, qui exerce une influence considérable à Malte, n’est pas convaincue.
« Qui suis-je pour refuser à cet être une vie ? Qui suis-je ? » a demandé l’archevêque de Malte Charles Jude Scicluna dimanche, tout en soulignant que chaque enfant devrait vivre « parce que la vie est trop précieuse et trop belle ».
En ce qui concerne les femmes dont la vie est mise en danger en raison de leur grossesse, il a déclaré qu’il prierait pour elles.
« Pourquoi mettre des décorations de Noël et organiser des fêtes de Noël ? Que célébrons-nous ? Célébrons-nous une loi qui tuerait des enfants dans le ventre de leur mère ? », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Devriez-vous tuer quelqu’un parce que votre santé est menacée ? ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]