Le Danemark mettra l'accent sur le budget de l’UE

La future présidence danoise de l’UE tentera de porter le budget européen pour 2014-2020 « aussi loin que possible », même s’il est peu probable qu’un accord soit conclu avant la fin de son mandat, a déclaré l’ambassadeur du Danemark à Bruxelles hier (23 novembre).

/ EURACTIV.fr
Denmark Copenhagen.jpg
Denmark Copenhagen.jpg

La future présidence danoise de l’UE tentera de porter le budget européen pour 2014-2020 « aussi loin que possible », même s’il est peu probable qu’un accord soit conclu avant la fin de son mandat, a déclaré l’ambassadeur du Danemark à Bruxelles hier (23 novembre).

Le budget de l'UE pour 2014-2020, intitulé cadre financier pluriannuel (CFP) dans le jargon européen, « sera l'élément principal du programme de la présidence danoise », a déclaré l'ambassadeur Jeppe Tranholm-Mikkelsen.

Il s'est exprimé lors d'une rencontre organisée par le European Policy Centre en amont de la présidence danoise de l'UE qui débutera le 1er janvier 2012.

Lorsque Copenhague a commencé à se préparer à la présidence, les experts danois pensaient qu'il serait possible d'aboutir à un accord sur le budget avant juin 2012.

« Mais il est devenu clair qu'il serait impossible de conclure un accord en juin, tout le monde nous le dit », a-t-il expliqué. Par conséquent, il est probable que le budget 2014-2020 soit finalisé au second semestre de 2012, sous la présidence chypriote.

Toutefois, M. Tranholm-Mikkelsen a insisté sur le fait que son pays ferait de son mieux et investirait beaucoup d'énergie pour jeter les bases des négociations finales.

Concrètement, il s'agirait d'un cadre de négociation comprenant 15 à 25 pages d'ébauches de conclusions du Conseil qui comporteraient encore un certain nombre de « xxxx » et d'espaces entre crochets, a-t-il expliqué.

« J'espère que nous aurons tous une idée claire de la direction que nous prenons à ce stade, même si un compromis ne sera sans doute pas atteint », a-t-il affirmé.

Il a déclaré que des discussions approfondies auraient lieu lors de la réunion du Conseil des 28 et 29 juin et que les différentes parties autour de la table seraient entendues. Ce n'est que lors d'un « autre sommet » que les décisions seront prises.

M. Tranholm-Mikkelsen a expliqué qu'il était nécessaire de présenter un projet solide pour que le processus législatif puisse aboutir. En effet, « pour donner de l'argent, il faut d'abord en avoir, puis définir une base juridique ».

« Nous sommes toujours en train de compter le nombre d'actes législatifs proposés par la Commission, nous en sommes à plus de 60 actes légaux, divisés en plusieurs groupes comme l'agriculture, la politique de cohésion, la recherche, les transports, la santé ou encore les services extérieurs », a-t-il expliqué.

M. Tranholm-Mikkelsen a insisté sur le fait que le texte ne pourrait pas être finalisé avant qu'il y ait un accord sur le budget.

Autres propriétés

L'ambassadeur danois a affirmé que la priorité serait d'enrayer la crise de la zone euro, précisant que son pays, qui ne dispose pas de la monnaie unique, n'en était pas responsable. Les Danois ont rejeté l'introduction de l'euro en 2000 lors d'un référendum, à raison de 53.2 % de voix contre et 46.8 % pour.

M. Tranholm-Mikkelsen a déclaré que le nouveau gouvernement danois était foncièrement pro-européen et qu'il avait pour la première fois nommé un ministre permanent pour l'Europe. Il a également affirmé que son gouvernement prévoyait d'organiser des référendums sur deux des trois dérogations danoises, à savoir la politique de sécurité et de défense commune, la citoyenneté, la police et la justice.

Concernant la troisième dérogation, l'euro, il a argué que le gouvernement souhaitait rejoindre la monnaie unique dès que possible, mais qu'en raison de la crise, le moment n'était pas opportun pour la tenue d'un référendum.

Si le Danemark n'avait pas été contraint de définir ses priorités en fonction de facteurs extérieurs, sa priorité aurait été la croissance, et notamment la croissance verte, a avancé l'ambassadeur.

Mais malgré la crise actuelle, il reste persuadé qu'il est nécessaire de regarder vers l'avenir et de trouver des sources de croissance à moyen et long terme.

M. Tranholm-Mikkelsen a désigné les « questions extérieures » comme une autre priorité, soulignant la nécessité de renforcer le Service européen pour l'action extérieure. Il a également abordé le sujet de l'élargissement de l'Union  [plus d'infos]. 

Il a en outre parlé du besoin de gérer la crise « de basse intensité » au sein de l'UE, citant la récente controverse sur l'expulsion des Roms en France, les problèmes aux frontières franco-italiennes sur la question des réfugiés tunisiens, et le problème toujours criant de l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen, à laquelle un pays reste opposé (les Pays-Bas).

Concernant le futur rapport du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, sur l'éventualité d'une modification du traité de l'UE qui devrait être présenté lors du sommet du mois de mars, il a déclaré que son pays espérait que ces changements seraient aussi limités que possible.

M. Tranholm-Mikkelsen a affirmé que le Danemark comprenait que les 17 membres de la zone euro doivent assumer des responsabilités à part, mais qu'il souhaitait par-dessus tout garder la famille des Vingt-Sept unie.

Interrogé par EURACTIV sur l'éventualité que la présidence danoise prépare le remplacement de Catherine Ashton, la responsable des affaires étrangères de l'UE, étant donné que son mandat expirera au printemps 2012, il a déclaré que cette question n'était pas au programme.