Le débat sur un nouveau plan d'aide donne des ailes à l’opposition grecque

Selon le chef de file du parti de gauche Syriza, Alexis Tsipras, un troisième renflouement pour Athènes serait synonyme d’échec du gouvernement et de nouvelles élections. Un reportage d’EURACTIV Grèce.

EURACTIV.fr
Alexis Tsipras
Alexis Tsipras

Selon le chef de file du parti de gauche Syriza, Alexis Tsipras, un troisième renflouement pour Athènes serait synonyme d’échec du gouvernement et de nouvelles élections. Un reportage d’EURACTIV Grèce.

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a récemment reconnu que la Grèce avait besoin d'un troisième plan d'aide. Les deux précédents s'élevaient à 240 milliards d'euros. Cette déclaration a déclenché une vague de protestations dans les rangs de l’opposition cinq semaines avant les élections fédérales en Allemagne.

 

La dette publique grecque a dépassé 321 milliards d'euros (180 % de son PIB) à la fin du premier semestre 2013. Un montant nettement supérieur à celui enregistré avant l’éclatement de la crise en 2009.

 

>> Les finances de la Grèce perturbent la campagne électorale allemande

 

Günther Oettinger, le commissaire allemand, a confirmé le 25 août la nécessité d'un autre renflouement pour la Grèce. Il en a même prédit le montant.

 

« Ce sera une somme gérable. Je m'attends personnellement à ce que ce chiffre soit légèrement supérieur à 10 milliards d'euros. Le programme devrait couvrir les années 2014-2016 », a-t-il expliqué au quotidien Welt am Sonntag.

 

Le ministre grec des finances, Yannis Stournaras, a quant à lui indiqué au journal Proto Thema que le montant total d'un troisième plan d'aide, si nécessaire, s'élèverait à 10 milliards d'euros. Il a toutefois exclu que l’aide serait assortie de conditions supplémentaires.

 

« Si la Grèce a besoin d'aide supplémentaire, ce sera 10 milliards d'euros. Un montant beaucoup moins élevé que celui des plans précédents. Il ne s’agit pas d’un nouveau protocole d'accord, mais d’un plan de soutien financier, sans nouvelles conditions. Nous avons déjà fixé nos objectifs jusqu'en 2015. Aucune nouvelle mesure ne peut dès lors être exigée », a-t-il précisé.

 

Syriza, le parti de gauche dans l'opposition, a sauté sur l'occasion pour appeler à de nouvelles élections. Son chef de file, Alexis Tsipras, a critiqué le succès du programme d'aide de l’UE et du FMI.

 

« Le mythe créé par le gouvernement de M. Samaras à propos du succès du programme d'aide s'effondre complètement », a-t-il affirmé. M. Tsipras est à la tête du deuxième parti du pays depuis les dernières élections générales.

 

« La Grèce est au cœur d'une guerre non déclarée depuis trois ans et demi. Il s'agit d'une guerre économique dont les victimes sont les personnes qui ont perdu leur emploi, celles qui sont tombées dans la pauvreté du jour au lendemain, ou celles qui sont décédées parce qu'elles ne pouvaient tolérer ces conditions dégradantes », a-t-il ajouté.

 

M. Tsipras a affirmé qu'un « large mouvement politique » était nécessaire pour renverser le gouvernement et revenir à la démocratie grâce à des élections.

 

Le Fonds de développement des actifs de la République hellénique (HRADF) vise à faciliter le processus de privatisation. Mais selon le chef de file de Syriza, il s'agit d'une « copie » du fonds créé en Allemagne de l'Est en 1989 dans le seul but d'annihiler l'État.

 

« Si ce programme [de privatisation] est mis en place, la Grèce sera alors le seul État européen sans actifs publics […]. C'est un crime », a-t-il certifié.