Le dirigeant nationaliste néerlandais veut un referendum sur l’euro

  Le premier ministre des Pays-bas, Mark Rutte, s’est dit « peu convaincu » par un rapport présenté par le dirigeant nationaliste, Geert Wilders, selon lequel le pays s’en sortirait mieux avec le retour de sa monnaie, le florin néerlandais, ont rapporté les médias du pays.

EURACTIV.com
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Le premier ministre des Pays-bas, Mark Rutte, s’est dit « peu convaincu » par un rapport présenté par le dirigeant nationaliste, Geert Wilders, selon lequel le pays s’en sortirait mieux avec le retour de sa monnaie, le florin néerlandais, ont rapporté les médias du pays.

M. Wilders, le dirigeant du Parti de la liberté (PVV) aurait fait pression sur M. Rutte pour qu'il organise un référendum sur la sortie de la zone euro des Pays-Bas.

Le PVV est le troisième parti du pays. Bien qu'il ne fasse pas partie de la coalition au pouvoir, le PVV est un partisan actif du gouvernement conservateur du premier ministre, Mark Rutte. Leur coopération fonctionne sur la base d'un « accord de soutien ».

Selon le rapport commandé par M. Wilders, un retour au florin coûterait 51 milliards d'euros. M. Wilders reste néanmoins convaincu que les bénéfices seraient supérieurs aux coûts dans la mesure où le pays n'aurait pas à débourser 75 milliards d'euros dans les années à venir pour maintenir la monnaie européenne à flot.

M. Wilders a présenté lundi (5 mars) le rapport rédigé par un cabinet de conseil londonien, Lombard Street Research. Selon ce rapport, sauver des pays faibles de la zone euro comme la Grèce, l'Italie et peut-être l'Espagne, pourrait coûter au pays 125 milliards d'euros d'ici 2015.

Plusieurs partis néerlandais de l'opposition, dont le parti travailliste, le parti libéral de gauche D66 et les verts du GroenLinks, souhaitent que cette étude soit examinée par l'agence de conseil en macro-économie du gouvernement, la CPB. M. Rutte s'est toutefois opposé à cette idée.

EURACTIV a demandé à la Commission européenne si elle trouvait les conclusions de ce rapport réalistes et si les pays de la zone euro auraient effectivement intérêt à retourner à leurs anciennes monnaies.

Un porte-parole de la Commission a refusé de commenter, affirmant que la position de la Commission quant à « la valeur de l'euro pour l'Europe » était bien connue.

A Bruxelles, le nom de M. Wilders était sur toutes les lèvres ces derniers jours, suite au lancement d'un site Internet rassemblant des plaintes contre les citoyens polonais, roumains et bulgares qui causent « des nuisances » à la société. La Commission a fermement condamné ce site créé par le parti de M. Wilders, mais le premier ministre néerlandais n'en a pas fait autant.

M. Rutte est le seul dirigeant européen à s'opposer à l'accession de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen, affirmant qu'on ne peut pas compter sur ces pays pour contrôler les frontières communes de l'UE en raison de la corruption qui y règne. Plus important encore, il semblerait que M. Rutte se soit engagé auprès du PVV à ne pas lever son veto.