Le FN contre-attaque sur les emplois fictifs au Parlement européen

Une eurodéputée FN a accusé une vingtaine d’élus français d’irrégularité dans l’emploi de leurs assistants parlementaires, dont Marielle de Sarnez. Un délit dont les élus FN sont également accusés.

EURACTIV.fr avec l'AFP
Marielle
Marielle de Sarnez est accusée par le FN d'avoir engagé une assistante parlementaire de manière frauduleuse. La ministre s'en défend. [<a href="https://www.flickr.com/photos/pde-edp/15371823943/" target="_blank" rel="noopener">[European Democrats/Flickr]</a>]

Une eurodéputée FN a accusé une vingtaine d’élus français d’irrégularité dans l’emploi de leurs assistants parlementaires, dont Marielle de Sarnez. Un délit dont les élus FN sont également accusés.

Marielle de Sarnez siégeait au Parlement européen jusqu’à sa nomination au gouvernement, en tant que députée Modem de la circonscription Île-de-France.

Selon des révélations du Parisien, l’eurodéputée du Front national Sophie Montel a envoyé en mars à la justice française et européenne un courrier dénonçant l’usage par 19 de ses collègues, de droite, de gauche et écologistes, dont Marielle de Sarnez, d’assistants parlementaires ayant « par ailleurs des fonctions au sein de leur formation politique respective ».

Dans cet article publié le 29 mai, le journal affirme en outre que le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « abus de confiance » le 22 mars, à la suite de cette lettre.

Sur son compte Twitter, la ministre a justifié le travail mené par son assistante parlementaire.

« La jeune femme qui a été mon assistante parlementaire en circonscription pendant 12 mois a fourni un travail assidu auprès de moi dans ma mission de parlementaire européenne d’Île de France. Étant par ailleurs élue locale, sa situation a été déclarée et vérifiée par le Parlement européen », déclare-t-elle. « Son contrat de travail a été, comme celui de tous mes assistants, validé et approuvé par le Parlement européen. »

Contre-accusation

Les accusations de Sophie Montel ne sont pas un hasard. Le Parlement européen lui réclame en effet 77 276 euros dans l’affaire des emplois présumés fictifs d’assistants parlementaires par le Front national.

Une enquête similaire vise déjà des eurodéputés FN, dont Marine Le Pen, accusés par le Parlement européen d’avoir versé frauduleusement des salaires d’un montant de près de cinq millions d’euros à des assistants parlementaires entre 2012 et 2017

« Il faut lever tout doute sur cette dénonciation, dont je suis convaincu qu’elle est calomnieuse », a déclaré Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement français, sur LCI. « C’est quand même le Front national qui fait une lettre. À une époque, on avait des lettres anonymes, là au moins, elle est signée », a-t-il ajouté, notant qu’à la suite d’une dénonciation, « immédiatement, la justice européenne étudie cette demande », ce qui est « légitime ».

Le porte-parole a plaidé pour « une égalité de traitement sur l’enquête » avec le parti de Marine Le Pen, se disant convaincu que « si Marielle de Sarnez était convoquée par la justice, elle s’y rendrait », « une vraie différence avec le Front national ».