Le front uni des leaders séparatistes catalans pour faire pression sur Pedro Sánchez

Les dirigeants des deux principaux partis séparatistes catalans ont décidé de joindre leurs forces pour faire pression sur le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, afin d'obtenir davantage de concessions politiques en faveur de la Catalogne.

EURACTIV Espagne
Catalan President Carles Puigdemont Makes Statement Amid Political Crisis
Le président catalan Carles Puigdemont part après avoir fait une déclaration au bâtiment du gouvernement catalan Generalitat de Catalunya le 26 octobre 2017 à Barcelone. [(Photo by David Ramos/Getty Images)]

MADRID – Les dirigeants des deux principaux partis séparatistes catalans ont décidé de joindre leurs forces pour faire pression sur le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, afin d’obtenir davantage de concessions politiques en faveur de la Catalogne.

Oriol Junqueras, du parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), et Carles Puigdemont, du parti de droite JxCat, se sont rencontrés à la résidence de ce dernier, à Waterloo, près de Bruxelles.

L’ancien président catalan y est toujours en auto-exil en attendant de bénéficier d’une loi d’amnistie controversée proposée par Pedro Sánchez, qui lui permettrait de retourner en Espagne sans craindre d’être arrêté.

Après la réunion, les deux partis séparatistes ont publié une déclaration commune confirmant l’accord visant à promouvoir des « espaces de travail coordonnés » sur des « objectifs communs ».

Bien que JxCat se soit parfois timidement rapproché du Partido Popular (Parti populaire européen), la principale force d’opposition au parti de Pedro Sánchez, le Parti socialiste ouvrier espagnol (Socialistes et Démocrates européens) au parlement, la formation de Carles Puigdemont partage avec l’ERC l’objectif de parvenir à une Catalogne indépendante.

Toutefois, 54 % des Catalans s’opposent à la séparation de la région du reste de l’Espagne — le pourcentage de rejet le plus élevé depuis 2015 — tandis que 40 % seraient en faveur de la sécession, selon un sondage réalisé en novembre 2024 par le Centre d’Estudis d’Opinió (CEO), qui est lié au gouvernement régional.

Carles Puigdemont, qui fuit la justice espagnole depuis près de sept ans, fait l’objet d’un mandat d’arrêt national émis par le Tribunal suprême espagnol, ce dernier ayant refusé de lui appliquer la loi d’amnistie pour des malversations liées aux dépenses considérables du gouvernement régional pour l’organisation du référendum illégal de 2017 sur l’indépendance.

Au cours de l’un des événements les plus graves de l’histoire récente de l’Espagne, les principaux dirigeants séparatistes catalans ont encouragé l’approbation d’une déclaration unilatérale d’indépendance le 1er octobre 2017 au parlement régional, que la Cour constitutionnelle espagnole a ensuite annulée.

Oriol Junqueras, qui est devenu vice-président régional, a passé plus de trois ans en prison pour cette tentative de sécession, mais a été libéré après avoir été gracié par Pedro Sánchez en juin 2021.

La stabilité du gouvernement dépend du soutien des sept députés du JxCat à Madrid et des sept autres de l’ERC, ainsi que des deux principales formations indépendantistes basques, le Parti nationaliste basque et l’Euskal Herria Bildu (« Réunir le Pays basque », EH Bildu), ainsi que d’autres plus petits partis.

Pour rester au pouvoir, Pedro Sánchez a dû faire plusieurs concessions à Carles Puigdemont et à l’ERC, y compris — en plus de la loi d’amnistie — en s’engageant à transférer plus de pouvoirs de l’État central à la Catalogne, notamment dans le domaine de la politique migratoire, et à promouvoir le statut officiel de la langue catalane dans les institutions de l’Union européenne.