Le gouvernement belge présente sa stratégie de lutte contre la criminalité liée à la drogue
Le Conseil national de sécurité s’est réuni jeudi pour discuter de la lutte contre la criminalité liée à la drogue. Lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion, le Premier ministre belge et plusieurs ministres ont ensuite présenté un plan d’action fédéral en sept points.
Le Conseil national de sécurité (CNS) s’est réuni jeudi (16 février) pour discuter de la lutte contre la criminalité liée à la drogue. Lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion, le Premier ministre belge et plusieurs ministres ont ensuite présenté un plan d’action fédéral en sept points.
Certaines des mesures avaient déjà été évoquées, mais un plan détaillé a été dévoilé jeudi lors d’une conférence de presse du Premier ministre et des ministres de la Justice, de l’Intérieur et des Finances.
« Frapper fort contre la mafia de la drogue est une priorité absolue du gouvernement. Cette lutte, nous la menons collectivement avec la Ville d’Anvers et l’ensemble de sa communauté portuaire. […] Les renforts que nous déployons aujourd’hui s’ajoutent aux moyens déjà investis l’an dernier », a indiqué M. De Croo.
« Notre objectif est de tout faire et tout mettre en œuvre pour faire voler en éclat le business model des trafiquants », a-t-il poursuivi.
Tout d’abord, un commissaire national aux drogues sera nommé pour coordonner la lutte contre la criminalité liée à la drogue. Ce commissaire sera un magistrat du ministère public avec une expérience d’au moins dix ans, a expliqué le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne lors de la conférence de presse.
Le nom du premier commissaire aux drogues sera révélé vendredi (17 février), et il sera assisté par un commissariat composé de dix personnes qui entrera en fonction « le plus rapidement possible », a indiqué le ministre.
Ensuite, la sécurité du port d’Anvers, où près de 110 tonnes de cocaïne ont été saisies l’année dernière, sera renforcée. De nouvelles forces de police seront déployées afin d’effectuer des patrouilles, et l’objectif est de doubler ces renforts d’ici fin 2024.
Les douanes seront également renforcées. Davantage d’agents des douanes seront recrutés et le gouvernement fera également l’acquisition d’équipements de scanning modernes et mobiles pour atteindre, à terme, l’objectif de 100 % de containers à risques scannés dans le port d’Anvers.
Le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, a expliqué que les containers étaient définis comme « à risque » après une analyse effectuée sur base de l’origine du container ou encore de l’historique.
M. Van Quickenborne a également expliqué que plus de 16 000 personnes occupant des postes sensibles (PDG, chauffeur…) dans et pour les différents ports de Belgique vont désormais faire l’objet d’un screening. Ces screenings seront effectués par la Sûreté de l’État (VSSE), le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) et la police fédérale afin de rechercher des liens avec le crime organisé. Selon le ministre, ce processus aurait déjà commencé.
Cinquième point : le pouvoir des autorités locales devrait être renforcé puisqu’elles devraient être en mesure de fermer les commerces liés au blanchiment de l’argent de la drogue. Cette loi sera soumise au vote du Parlement prochainement.
Du côté des consommateurs de drogue, il y a également quelques changements. Les usagers seront d’abord orientés vers des services d’aide, mais ils recevront également une amende plus lourde qu’auparavant. Pour les consommateurs de cocaïne, l’amende pourra atteindre 1 000 euros. Pour la possession de cannabis, l’amende restera de 75 € pour une quantité inférieure ou égale à 10 grammes.
« Les consommateurs de cocaïne doivent également prendre conscience qu’ils entretiennent le modèle de revenus d’une mafia de la drogue particulièrement violente », ajoute le gouvernement dans un communiqué.
Par ailleurs, le principe d’acquittement immédiat de l’amende pour possession de drogue ne sera plus appliqué exclusivement aux festivals de musique, mais sera étendu à l’ensemble de l’espace public.
Enfin, le gouvernement fédéral souhaite développer davantage la coopération avec les autres États de l’UE et hors UE ainsi que les opérateurs portuaires, notamment matière de douane et de police.
Le protocole de coopération policière signé il y a un an entre la Belgique et les Émirats arabes unis « porte aujourd’hui ses fruits », note le gouvernement. Ce protocole a notamment permis le démantèlement en novembre dernier par Interpol d’un cartel de drogue qui contrôlait environ un tiers du trafic de cocaïne en Europe et opérait en Belgique, à Dubaï, mais aussi en France, en Espagne et aux Pays-Bas, précise le communiqué.
Cette coopération fera l’objet d’une réunion avec les autorités des Pays-Bas — autre pays très touché par ce phénomène — vendredi.
La réunion aura lieu en présence de responsables politiques néerlandais et belges, mais également des cinq plus grandes compagnies maritimes du monde, a expliqué le ministre de la Justice lors de la conférence de presse. Il sera notamment question de la sécurité des containers à risque provenant d’Amérique latine et arrivant en Belgique comme au Pays-Bas.