Le gouvernement français examinera « dans les prochains jours » le prolongement du bouclier tarifaire pour le gaz

La Première ministre, Élisabeth Borne, profite de son déplacement sur le site de dispatching du gaz de GRTgaz en Île-de-France pour annoncer plusieurs mesures contre la hausse des prix du gaz et la dépendance européenne au gaz russe. Parmi celles-ci : l’examen « dans les prochains jours » d’un prolongement du bouclier tarifaire contre l’augmentation des prix du gaz.

Euractiv France
French Ministers cabinet work meeting in Paris
Lancé en octobre 2021, le bouclier tarifaire à permis de geler les tarifs réglementés de vente de gaz face à la hausse des prix causée par la reprise économique post-pandémique et les tensions sur l’approvisionnement en gaz. [ EPA-EFE]

La Première ministre, Élisabeth Borne, profite de son déplacement sur le site de dispatching du gaz de GRTgaz en Île-de-France pour annoncer plusieurs mesures contre la hausse des prix du gaz et la dépendance européenne au gaz russe. Parmi celles-ci : l’examen « dans les prochains jours » d’un prolongement du bouclier tarifaire contre l’augmentation des prix du gaz.

Cette mesure devrait prendre forme au cœur du projet de loi « pouvoir d’achat » qui sera présenté en Conseil des ministres le 6 juillet prochain. Un message « rassurant sur le court terme » selon le cabinet de la Première ministre.

Lancé en octobre 2021, le bouclier tarifaire à permis de geler les tarifs réglementés de vente de gaz face à la hausse des prix causée par la reprise économique post-pandémique et les tensions sur l’approvisionnement en gaz.

À la mi-février 2022, en amont du début de l’invasion russe en Ukraine, le gouvernement avait déjà prolongé une fois le dispositif. Le conflit s’étant envenimé et les échanges réduits entre la Russie et les pays membres de l’Union européenne (UE), le bouclier tarifaire est plus que jamais d’actualité.

Remplissage à 100% des sites de stockage de gaz

La Première ministre annonce également un nouvel objectif : le remplissage à 100 % des sites de stockages de gaz français pour cet hiver. Pour l’heure, les dispositifs actuels n’obligent qu’au remplissage à 85 % au 1er octobre. Le nouveau dispositif « ne coûtera rien de plus », assure le cabinet, à condition que « le prix du gaz reste le même qu’aujourd’hui ».

Ces mesures sont donc encore plus ambitieuses que celles que vient d’approuver le Parlement européen et qui visent à remplir les installations de stockage de gaz au sein de l’UE à 80% d’ici le 1er novembre 2022. Les États membres doivent s’efforcer d’atteindre les 85%, afin de faciliter l’atteinte des 90% de remplissage tel qu’objectivé pour 2023.

De plus, « nous aurons en France une situation plus favorable que dans les autres pays européens », précise le cabinet de la Première ministre, en raison notamment des grandes capacités de stockage du pays et de sa plus faible consommation gazière qu’un certain nombre d’autres pays d’Europe.

Néanmoins, la France joue un rôle très important de transit gazier. Située au centre de l’Europe occidentale, elle fait ainsi le lien entre les terminaux de regazéifications de la péninsule ibérique et l’intérieur du continent.

Le cabinet de la Première ministre assure ainsi qu’à l’horizon de la fin de l’été, la France recevra assez de gaz naturel pour « assurer le stockage pour l’hiver et faire de la solidarité ». En d’autres termes, pour proposer des quantités suffisantes de gaz à la Belgique notamment, mais aussi à la Suisse et à l’Italie.

Les services du gouvernement assurent même que la France est « assez résiliente » et capable de s’adapter à une offre réduite. D’autant que les prévisions ne sauraient pas à la pénurie, précisent-ils.

Nouveau terminal méthanier flottant au Havre pour 2023

À cela s’ajoute une troisième mesure de long terme. Le gouvernement prévoit en effet l’installation d’un nouveau terminal méthanier flottant au Havre et raccordé en 2023. Objectif : « couvrir quasiment 10% de la consommation française de gaz ».

En parallèle de ces mesures concernant le gaz, le gouvernement travaille à l’accélération et la simplification du déploiement des énergies renouvelables. La loi est « dans les tuyaux », assure le ministère de la Transition énergétique.

Pareillement, le ministère annonce comme objectif « que la sobriété énergétique devienne un élément du dialogue social ». Pour cela, il devrait lancer une campagne de sensibilisation à l’automne. Pour cet été « ce n’est pas le moment », précise-t-il, préférant « continuer de communiquer très fortement sur les façons d’économiser des énergies ».