Le grand écart : comparaison des approches européenne et américaine en matière de réchauffement clim

L'Europe et les Etats-Unis cultivent des approches très différentes sur le dossier des changements climatiques. Leurs divergences, notamment sur la question de l'impact économique des politiques de lutte contre le réchauffement de la planète, augurent mal de la possibilité de conclure un accord global dans la période de l'après-Kyoto.

L’Europe et les Etats-Unis cultivent des approches
très différentes sur le dossier des changements
climatiques. Leurs divergences, notamment sur
la question de l’impact économique des politiques de
lutte contre le réchauffement de la planète, augurent mal de
la possibilité de conclure un accord global dans la période
de l’après-Kyoto.

La différence entre les approches américaine et européenne
du phénomène de réchauffement climatique s’est manifestée de façon
éclatante au sujet du Protocole de Kyoto : alors que
l’Union européenne a signé le texte (dont elle est aujourd’hui le
plus ardent promoteur au niveau mondial), les Etats-Unis l’ont
finalement rejeté. Une telle issue peut être qualifiée d’ironique,
le Protocole ayant été largement inspiré par une initiative
américaine – celle du vice-président Al Gore, alors porteur de
l’idée consistant à créer un marché mondial des quotas
d’émissions de gaz à effet de serre. Les Etats membres de
l’Union avaient – dans leur grande majorité –
accueilli l’idée avec beaucoup de scepticisme, certains lui
opposant même une fin de non-recevoir.  Le revirement est
donc aujourd’hui complet.

La décision de l’administration Bush de rejeter le
protocole de Kyoto était fondée sur des études
révélant l’impact économique 
considérable  des engagements pris dans le
cadre du Protocole (les Etats-Unis étant le principal émetteur de
gaz à effet de serre au niveau mondial). 

L’Initiative globale contre les changements
climatiques,
lancée par l’administration Bush en
février 2002, vise à réduire de 18% la quantité d’émissions
de gaz à effet de serre (GES) produite
par unité de PIB sur la période 2002-2012. Le
gouvernement américain affirme qu’il s’agit là d’un effort
aussi important que ceux auxquels se sont engagés les
signataires du protocole de Kyoto. Les mesures prises au
niveau américain sont basées sur des initatives
volontaires
du secteur privé, ainsi que sur un
important effort de recherche technologique et
scientifique
.

Les hésitations du gouvernement américain sur le
dossier du réchauffement climatique ont laissé
le champ libre à plusieurs initiatives émanant
du Congrès
.  Parmi celles-ci, l’une des plus
connues est sans doute le McCain-Lieberman « Climate Stewardship
Act » (adopté en 2003), qui propose l’introduction d’un système
d’échanges de quotas d’émissions de GES à partir de 2010.

Les entreprises apparaissent divisées sur
le thème de la lutte contre le réchauffement climatique. A
l’instar d’ExxonMobil, plusieurs grandes sociétés remettent en
cause le rôle des activités humaines dans l’aggravation
du phénomène, là où plusieurs autres (telles que BP,
Shell et Dupont) ont adopté des positions plus ouvertes,
s’engageant pour certaines d’entre elles à réduire leurs
propres émissions de GES.  

Les cercles économiques européens ont
récemment commencé à se préoccuper de l’impact des
politiques de l’UE en matière de lutte contre le
réchauffement climatique, estimant que celles-ci
étaient susceptibles de nuire à la compétitivité de
l’industrie européenne.