Le Lisbon Council tire la sonnette d’alarme sur la santé économique de la France
Une étude présentée par le groupe de réflexion Bruxellois Lisbon Council, en présence du président du Conseil, Herman Van Rompuy, tire la sonnette d’alarme sur les indicateurs économiques de la France.
Une étude présentée par le groupe de réflexion Bruxellois Lisbon Council, en présence du président du Conseil, Herman Van Rompuy, tire la sonnette d’alarme sur les indicateurs économiques de la France.
Parmi les six pays de la zone euro qui jouissent d'une note AAA, la France est de loin la moins bien lotie, a déclaré le Lisbon Council dans son rapport Euro Plus Monitor 2011. « Les résultats sont trop médiocres pour un pays souhaitant conserver sa place dans le peloton de tête », peut-on lire dans l'étude.
Dans ce « bilan de santé global » de 72 pages, la France arrive à la 13e place parmi les 17 pays de la zone euro, devant l'Italie (14e), mais derrière l'Espagne (12e). Le Portugal (15e), Chypre (16e) et la Grèce (17e) occupent les dernières places du classement.
En substance, le « score total » de la France dans ce bilan de santé, qui prend en compte un ensemble de données sur la croissance, la compétitivité et la soutenabilité et la résilience budgétaire, est de 4,5, un résultat très proche de celui de l'Italie (4,4). Le plus mauvais élève est la Grèce avec un score de 3,0.
Le pays qui semble en meilleure santé d'après cet indicateur est le nouveau venu dans la zone euro, l'Estonie, qui atteint un score de 7,4, suivi du Luxembourg (7,3) et de l'Allemagne (6,8).
Ce rapport, réalisé par la Berenberg Bank en Allemagne et le Lisbon Council à Bruxelles, a été présenté dans la capitale européenne devant un public nombreux et avait pour objectif d'enrichir le débat sur la manière d'améliorer la performance économique et de renforcer la résilience contre les crises financières.
Les auteurs du rapport ont mis en exergue leurs inquiétudes quant à la difficulté de la France à s'adapter à la crise. Cette étude examine l'activité d'ajustement externe, la correction budgétaire et la modification du coût unitaire réel du travail.
S'agissant de ce critère lié à l'ajustement, la France arrive 15e dans la zone euro, suivie de l'Allemagne, qui est caractérisée par un « succès presque parfait en terme de réformes » et n'a donc pas besoin d'ajustement, et par l'Autriche qui ne s'est guère adaptée à la situation, car elle n'en avait pas vraiment besoin.
« Mais pour un pays souffrant d'autant de problèmes comme la France, le manque d'ajustement est une source d'inquiétude », peut-on lire dans le rapport.
Chypre également qualifiée de « problème potentiel »
« Bien qu'elle jouisse d'une meilleure situation économique que la Grèce, elle n'est passée par aucun des ajustements que la Grèce a dû opérer pour stimuler sa croissance. Toutefois, avec 800 000 habitants et un PIB annuel de 17 milliards d'euros, sa situation ne pèse guère sur la performance économique globale de l'Europe », affirment les auteurs du rapport à propos de l'île chypriote.
M. Van Rompuy, dans un discours prononcé lors de la présentation, s'est concentré sur les efforts entrepris pour transformer la zone euro en une réelle union économique.
https://youtube.com/watch?v=Sml9c77bcxE
Si l'on compare la croissance actuelle à une croissance « sans crise », M. Van Rompuy a affirmé que l'UE avait perdu environ 2000 milliards d'euros entre 2007 et 2010. Il a ajouté que ce chiffre était équivalent au PIB de la France, ou à 11 % de la dette cumulative de l'Europe.
« Nous devons être conscients que la population s'inquiète de plus en plus quant à la situation économique et financière immédiate », a-t-il ajouté.
« Le ralentissement des perspectives de croissance affecte les marchés obligataires; les marchés obligataires volatiles affectent les finances publiques. Tout est lié. C'est la raison pour laquelle nous devons adopter une approche globale et sortir de ce cercle vicieux », a-t-il déclaré, promettant de consulter le rapport Euro Plus Monitor 2011.
Déficit démocratique ?
Interrogé sur l'Italie, M. Van Rompuy a affirmé que Mario Monti, le premier ministre désigné, avait fait parti de son groupe informel de conseillers. La liste des conseillers informels de M. Van Rompuy n'est pas connue, mais il a affirmé que l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari et l'ancien vice-président de la Commission Etienne Davignon en faisaient partie.
Lorsqu'EURACTIV lui a demandé de commenter les critiques selon lesquelles les réformes de la zone euro ne sont décidées que par un petit groupe de personnes (faisant référence au « politburo » comprenant le président français, la chancelière allemande, les responsables de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, le président de la Commission et lui-même), M. Van Rompuy a répondu que sa priorité était de sauvegarder la stabilité financière de la zone euro et de combattre la crise de la dette souveraine.
« Ce n'est pas le fait que la France et l'Allemagne soient de grands pays, tous deux représentant la moitié du PIB de la zone euro. Mais ils représentent d'une certaine manière deux cultures. Aboutir à un accord entre ces deux pays-là est un plus significatif qu'un accord entre deux autres pays », a-t-il expliqué.
Il a toutefois ajouté que sa tâche était d'aboutir à un accord avec les 17 membres de la zone euro et les 10 autres membres de l'UE, ce qui, a-t-il rappelé, ne sera pas une mince affaire.
« Chaque premier ministre est élu dans son pays, il est responsable devant son électorat, et lorsqu'il donne son accord et que tous les autres donnent aussi leur accord, nous aboutissons à un résultat démocratique ».