Le ministre des Finances allemand remet son pays sur la voie de l’austérité

En Allemagne, le ministre des Finances, Christian Lindner, restera fidèle à son objectif de réimposer un frein à l’endettement pour la première fois depuis 2019 dans le budget fédéral qui doit être approuvé par le gouvernement mercredi (5 juillet).

EURACTIV Allemagne
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Alors que le gouvernement s’efforce depuis le début de l’année de trouver un accord sur le prochain budget fédéral, M. Lindner a introduit des objectifs d’austérité stricts pour les différents ministères afin de combler le déficit budgétaire existant de 20 milliards d’euros. Avec le nouveau budget, cet objectif est sur le point d’être atteint. [ [EPA-EFE/FILIP SINGER]]

En Allemagne, le ministre des Finances, Christian Lindner, restera fidèle à son objectif de réimposer un frein à l’endettement pour la première fois depuis 2019 dans le budget fédéral qui doit être approuvé par le gouvernement mercredi (5 juillet).

Alors que le gouvernement s’efforce depuis le début de l’année de trouver un accord sur le prochain budget fédéral, M. Lindner a introduit des objectifs d’austérité stricts pour les différents ministères afin de combler le déficit budgétaire existant de 20 milliards d’euros. Avec le nouveau budget, cet objectif est sur le point d’être atteint.

Après la pandémie et la crise énergétique, il est maintenant nécessaire de revenir à la « normalité » budgétaire, selon le projet déjà examiné par les nouvelles agences.

Le budget pour l’année à venir est désormais ramené à 445,7 milliards d’euros, contre 476,2 milliards d’euros en 2023. L’Allemagne s’endettera encore à hauteur de 16,6 milliards d’euros, mais ce chiffre est nettement inférieur à celui de 2023, année au cours de laquelle le budget fédéral prévoyait 45,6 milliards d’euros de dettes supplémentaires. Le ministère a déclaré qu’un déficit d’environ 20 milliards d’euros a été comblé dans le projet, sans qu’il soit nécessaire de parler d’un « processus de coupe » budgétaire.

Selon les représentants du gouvernement, les montants du budget seront consacrés en priorité à la défense, à l’éducation, à la numérisation et à la protection du climat.

Critiques de la jeunesse

Selon le nouveau projet, tous les ministères, à l’exception du ministère de la Défense, devront réduire leurs dépenses, ce que les organisations de jeunesse et d’autres ont déjà critiqué.

Dans une lettre ouverte adressée à M. Lindner, au ministre de l’Économie Robert Habeck et au chancelier Olaf Scholz, dix organisations de jeunesse représentant environ un million de personnes ont exprimé leur inquiétude quant au projet de budget fédéral.

Ce budget « ne permettrait même pas de relever les défis sociaux d’aujourd’hui et de demain ». En ce qui concerne les objectifs climatiques, il manquerait plus de 160 milliards d’euros pour atteindre ceux fixés pour 2030, écrivent les groupes, dont les activistes des grèves étudiantes pour le climat.

Les organisations de jeunesse ne sont pas d’accord avec les déclarations selon lesquelles « le frein à l’endettement est dans l’intérêt des jeunes » et critiquent la perte de marge de manœuvre de l’État qui en résulterait.

M. Linder a déjà indiqué qu’il faudrait encore réduire les dépenses de 14,4 milliards d’euros au cours des années 2025 à 2027, période au cours de laquelle il est encore nécessaire de consolider les finances publiques.

Le week-end dernier, le ministre a commenté la prochaine planification budgétaire dans une interview accordée au quotidien Handelsblatt : « si l’on veut financer quelque chose de nouveau, il faut dire d’où vient l’argent. En d’autres termes, ce qui ne sera plus financé », a-t-il précisé.