Le pacte budgétaire secoué par des vents contraires sur la scène politique

Le nouveau traité budgétaire signé par les leaders européens il y a deux semaines fait l'objet de nombreux débats houleux au sein des principaux Etats membres, ce qui menace sa ratification.

/ EURACTIV.fr
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Le nouveau traité budgétaire signé par les leaders européens il y a deux semaines fait l'objet de nombreux débats houleux au sein des principaux Etats membres, ce qui menace sa ratification.

La ratification du traité reste incertaine en Irlande, où elle sera soumise à un référendum, et en France, où le candidat socialiste aux présidentielles, François Hollande, a annoncé qu'il renégocierait le texte. A présent, c'est aux Pays-Bas et en Allemagne que la situation se gâte.

Mercredi, la chute du gouvernement de coalition mené par les sociaux-démocrates et les verts dans l'Etat allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a ouvert la voie à des élections anticipées en mai. Ce scrutin représente un réel défi politique pour la chancelière, Angela Merkel.

Avec plus de 18 millions d'habitants, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie est l'Etat le plus peuplé, le centre industriel du pays et les résultats des élections qui y sont organisées donnent souvent un bon indice sur le résultat des scrutins fédéraux. Les élections fédérales sont prévues en 2013.

Le partenaire minoritaire de la coalition de Mme Merkel, le Parti libéral-démocrate, pourrait bien ne pas atteindre le seuil des 5 % requis pour occuper des sièges au parlement d'Etat à Düsseldorf.

Cet échec aurait des répercussions à Berlin, où Mme Merkel est en plein coeur de négociations délicates avec les partis de l'opposition pour tenter d'obtenir une majorité des deux tiers au Bundestag, une condition nécessaire à la ratification du traité européen.

Les sociaux-démocrates dans l'opposition insistent sur l'introduction d'une taxe sur les transactions financières et sur un fonds de croissance européenne en échange de leur soutien au traité.

Ratification menacée aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, où le gouvernement est composé d'une coalition minoritaire regroupant les chrétiens-démocrates et les libéraux, le Parti du travail a menacé de voter contre le pacte budgétaire si le gouvernement conservait l'objectif de déficit de 3 % du PIB pour cette année comme le demande Bruxelles.

La coalition repose notamment sur le soutien du Parti de la liberté de Geert Wilders, nationaliste et eurosceptique, qui souhaite que le pays sorte de la zone euro. Elle a donc également besoin du soutien du Parti du travail pour faire passer le pacte budgétaire au parlement.

Diederik Samsom et Ronald Plasterk, les deux favoris pour la direction du Parti du travail, ont affirmé que l'objectif de déficit de 3 % devra être abandonné cette année si la coalition souhaite avoir le soutien du parti pour la ratification du traité.

Colère des Irlandais contre Olli Rehn

En Irlande, où la ratification du pacte budgétaire dépendra du résultat d'un futur référendum, l'opinion publique a très mal réagi suite aux commentaires prononcés lundi par le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn.

Après que le gouvernement irlandais a annoncé qu'il souhaitait repousser le remboursement annuel de 3,1 milliards d'euros à la Banque centrale européenne prévu fin mars, M. Rehn a déclaré que les Irlandais devaient respecter leurs engagements et leurs obligations, ce qui a suscité des réactions négatives dans les médias.

Même si le traité ne pourra entrer en vigueur que si 12 Etats membres le ratifient, son rejet par des Etats comme la France, l'Allemagne ou les Pays-Bas pourrait l'empêcher d'accroître la confiance des marchés dans la zone euro, l'un de ces principaux objectifs.

Le centre-gauche espagnol soutient François Hollande

Les leaders du centre-gauche espagnol (PSOE) ont quant à eux témoigné leur soutien à M. Hollande qui souhaiterait renégocier le traité budgétaire.

« Il est nécessaire de mener des négociations pour compléter ce traité, afin que la croissance s'ajoute à l'austérité », a déclaré le secrétaire général du PSOE, Alfredo Perez Rubalcaba, devant la presse à Paris. Le lendemain, il était censé participer à un sommet de la gauche sur l'Europe.

Le PSOE a essuyé une défaite cuisante lors des élections de novembre dernier. Leurs opposants conservateurs ont en effet obtenu une majorité absolue au parlement, ce qui leur permettra de ratifier le traité budgétaire s'ils le souhaitent.