Le Parlement européen donne son feu vert à la première loi européenne sur la santé des sols
Jeudi 23 octobre, les députés européens ont soutenu la toute première loi européenne sur la santé des sols, malgré la pression exercée par l’Allemagne pour la bloquer.
Alors que la dégradation généralisée des sols compromet la production alimentaire, la qualité de l’eau et les objectifs climatiques, les nouvelles règles de l’UE sur les sols sont saluées par les groupes environnementaux.
Les représentants du secteur agricole ont quant à eux averti que leur mise en œuvre ne devait pas entraîner de hausse des coûts pour les producteurs.
La Commission européenne avait proposé la directive sur la surveillance des sols en 2023, soulignant qu’environ 60 % des sols européens sont en mauvais état en raison de l’urbanisation, des faibles taux de recyclage des terres, des pratiques agricoles intensives et du changement climatique.
Dans la version finale du texte, approuvée par les colégislateurs en avril, la loi n’impose pas de nouvelles obligations aux agriculteurs ou aux sylviculteurs, mais exige des États membres de l’UE qu’ils surveillent et améliorent la santé des sols, en fixant un objectif non contraignant de parvenir à des sols sains dans toute l’Union d’ici 2050.
Après que le Conseil ait approuvé l’accord en septembre, le texte a dû surmonter l’opposition menée par Berlin — qui affirmait que la loi empiéterait sur les compétences nationales et créerait une bureaucratie excessive —, les députés européens l’ayant finalement approuvé par 341 voix contre 220.
« La santé des sols est cruciale pour la durabilité et la viabilité du secteur agricole européen », a déclaré le groupe de réflexion agricole Farm Europe dans un communiqué saluant l’adoption de la loi.
Il a toutefois souligné que la législation ne devait pas devenir un fardeau pour les agriculteurs, exhortant les autorités nationales à « évaluer régulièrement les coûts financiers pour les agriculteurs et les sylviculteurs liés à l’amélioration de la santé et de la résilience des sols ».
L’ONG environnementale Pesticide Action Network Europe a salué la directive comme une « loi attendue depuis longtemps et indispensable » qui améliorera « la disponibilité et la comparabilité des données clés sur la santé des sols ».
Toutefois, « son succès dépendra de la mise en œuvre efficace », a averti le Bureau européen de l’environnement (BEE).
La directive entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l’UE, après quoi les États de l’UE disposeront de trois ans pour la mettre en œuvre.