Le Parlement européen valide le premier système de certification des absorptions de carbone au monde
Le Parlement européen a donné son feu vert, mercredi (10 avril), à l’accord interinstitutionnel trouvé en février sur un système européen de certification des absorptions de carbone.
Le Parlement européen a donné son feu vert, mercredi (10 avril), à l’accord interinstitutionnel trouvé en février sur un système européen de certification des absorptions de carbone.
Les nouvelles règles, proposées en 2022 par la Commission européenne, établissent le premier registre au monde pour la certification des absorptions de carbone, que ce soit via des processus industriels ou naturels.
Le nouveau cadre encouragera les absorptions et permettra aux agriculteurs d’être rémunérés pour les éliminations de carbone.
En février, Parlement et Conseil de l’UE sont parvenus à un accord provisoire sur le dossier au terme des trilogues avec la Commission.
Ce mercredi, les eurodéputés ont validé cet accord par 441 voix pour, 139 contre et 41 abstentions.
À terme, ce système pourrait déboucher sur un marché pour le CO2 capté et inciter les acteurs à absorber et à stocker le carbone atmosphérique.
L’eurodéputée Lídia Pereira, rapporteure du Parlement européen sur le dossier, a déclaré attendre « avec impatience de voir se réaliser un avenir dans lequel ceux qui éliminent et stockent activement le carbone seront incités à la faire » et s’est dite « ravie de voir que les agriculteurs pourront obtenir une source de revenus supplémentaire pour leurs efforts » de captage du CO2 dans l’air.
Début février, la Commission européenne a recommandé un objectif de 90 % de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre pour 2040 par rapport aux niveaux de 1990, et a estimé qu’il faudrait pour cela capter environ 280 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2040 et environ 450 millions de tonnes d’ici à 2050.
Les ONG environnementales ont réagi avec scepticisme à l’accord sur système européen de certification des absorptions de carbone
Mathieu Mal, chargé de mission pour l’agriculture et le climat au Bureau européen de l’environnement (BEE), a souligné les « points d’interrogation et les signaux alarmants » de la nouvelle loi et a déclaré que la manière dont les règles sont mises en œuvre déterminera si la nouvelle loi deviendra « un outil de greenwashing, retardant en fin de compte davantage l’action en faveur du climat ».
Maintenant que l’accord provisoire conclu au terme des trilogues a été approuvé par les eurodéputés, il doit encore être approuvé par les ministres nationaux réunis au sein du Conseil de l’UE avant de pouvoir être publié au Journal officiel de l’UE et entrer en vigueur.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]