Le parti séparatiste catalan JxCAT rompt ses relations avec les socialistes de Pedro Sánchez
L’allié catalan du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le parti Ensemble pour la Catalogne (JxCAT), a décidé lundi 27 octobre de « rompre ses relations » avec le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE) du Premier ministre en raison des « promesses non tenues » faites en échange du soutien à la réélection de ce dernier en 2023 et à son gouvernement.
MADRID – Lors d’une réunion du parti à Perpignan, en France, le président en exil de JxCAT, Carles Puigdemont, a annoncé la rupture avec le PSOE de Pedro Sánchez — qui gouverne avec le parti de gauche Sumar — en raison de son « échec » à transférer à la Catalogne les compétences en matière d’immigration, de frontières et de fiscalité, à inclure le catalan parmi les langues officielles de l’UE et, surtout, à appliquer pleinement la loi d’amnistie aux accusations de détournement de fonds retenues contre le leader catalan en exil. Ces demandes faisaient partie des exigences des séparatistes catalans au soutien au gouvernement Sánchez.
La décision aurait été adoptée « à l’unanimité » par la direction du parti.
JxCAT dispose de sept députés qui soutiennent le fragile gouvernement de coalition.
Le Tribunal constitutionnel a émis un mandat d’arrêt contre Carles Puigdemont, qui vit à Waterloo, en Belgique, pour le détournement de 1,6 million d’euros de fonds publics afin de financer le référendum infructueux sur l’indépendance de la Catalogne de 2017.
Le leader séparatiste a fait appel à plusieurs reprises de la décision du Tribunal, qui a déterminé que la loi d’amnistie, qui vise à pardonner les personnes impliquées dans le mouvement indépendantiste catalan entre 2012 et 2023, ne couvre pas les accusations de détournement de fonds.
Confiance rompue
En réaction à cette annonce, la première vice-présidente et ministre des Finances, María Jesús Montero (PSOE), a déclaré lundi à la télévision nationale que Madrid restait engagée dans le dialogue et la « recherche d’un terrain d’entente » avec Barcelone.
Cependant, lors d’une conférence de presse qui a suivi la réunion, Carles Puigdemont a déclaré qu’il n’y avait « plus de confiance mutuelle ».
« Le PSOE n’est pas disposé à respecter ses promesses en temps voulu et de manière appropriée », a-t-il martelé.
Le gouvernement Sánchez « a ignoré » les multiples avertissements de JxCAT, a-t-il continué, précisant que son parti « n’était pas disposé à continuer d’aider un gouvernement qui n’aide pas la Catalogne ».
Carles Puigdemont a également fait allusion aux rumeurs selon lesquelles son parti pourrait s’allier aux conservateurs du Partido Popular (PP) et au parti d’extrême droite Vox pour soutenir une motion de censure contre Pedro Sánchez.
« Nous ne nous engageons pas à contribuer à la stabilité de l’Espagne », a-t-il simplement affirmé.
Les membres de JxCAT voteront mercredi et jeudi (29-30 octobre) pour décider s’ils soutiennent la rupture proposée avec le gouvernement socialiste. Carles Puigdemont a averti que si les membres ratifiaient la décision, Pedro Sánchez « n’aurait plus de budget et serait incapable de gouverner ».
Le gouvernement Sánchez III contrôle actuellement 152 sièges au sein de l’assemblée législative espagnole, qui en compte 350 au total, et dépend souvent des partis régionaux pour faire adopter de nouvelles lois. Le retrait du soutien séparatiste est donc une mauvaise nouvelle pour le gouvernement.
Cet article a été mis à jour à 19h00 avec de nouvelles réactions.